
Nous nous sommes rendus au deuxième centre de visiteurs, celui des écluses de Gatún, qui se trouvent au nord du lac Gatún, à 10 km au sud-ouest de Colón. La vue des écluses est encore plus impressionnante qu’à Miraflores : elles sont plus longues, le centre de visiteurs (plus récent) est plus proche des énormes portes coulissantes, elles débouchent sur le vaste lac où nombre de bateaux sont en attente. Pour élever les navires à 26 m au-dessus du niveau de la mer, les écluses disposent de trois bassins sas de 330 m de long chacun et 33,5 m de large. Nous avons assisté au passage d'un énorme méthanier de la Shell, immatriculé (encore) à Singapour. Les "mules" sont remplacées ici par un remorqueur à l'avant et un à l'arrière.
Un sas d'après une photo exposée
Ouverture des portes
Nous avons nous-mêmes franchi une des écluses, puis parcouru une vingtaine de kilomètres dans un environnement de forêt tropicale pour nous rendre au Fuerte (fort) San Lorenzo baptisé el Real de Chagres. On comprend en voyant ses ruines dominer de 25 mètres depuis un promontoire rocheux l'embouchure du río Chagres, l'importance stratégique qu'il représentait à l'époque pour protéger les navires espagnols qui empruntaient la voie d'eau, chargés d'or et de marchandises, contre les flibustiers européens. Les premières fortifications furent érigées à la fin du XVIe siècle. Elles furent détruites au début de l’année 1671 par le capitaine Joseph Bradley pour le compte d’Henri Morgan, qui lui-même s’y reposa avant de remonter le Chagres et de mettre à sac la ville de Panamá la Vieja. Reconstruit en 1678, plus en hauteur, le fort fut à nouveau détruit en 1742, cette fois par l’amiral Vernon. Reconstruit en 1761, il joue son rôle de fort jusqu’à l’indépendance, en 1821, puis fait office de prison pendant quelques années. C'est toujours avec émotion qu'on parcourt ce genre de lieu de mémoire, paisible et un peu à l'abandon. Pour de nombreux hommes, ce fut là qu'ils trouvèrent la mort dans de cruels combats ou de maladie.
Plus tard, San Lorenzo fut inclus dans la Zone du canal et resta dans l’enclave américaine jusqu’en 1999, avant d’être rétrocédé au Panamá. On y voit en approchant du site d'autres ruines, beaucoup plus récentes, datant de l'époque américaine.
Curieusement, à quelques kilomètres du fort, une sentinelle vous arrête à un poste de garde pour vous demander ce que vous venez faire et vous laisse passer quand vous dîtes que vous venez voir le fort et, au retour, elle vous demande ce que vous avez fait et vous laisse passer, quand on lui dit avoir vu le fort. Plus près du fort, un droit d'accès est exigé, dont on espérerait qu'il soit affecté à l'entretien de la chaussée et à celui des bords de route, sinon à celui des ruines !
Un peu par hasard, nous avons été conduits à prendre au retour la solution alternative à l'écluse pour franchir le canal, celui du ferry. Nous n'avons pas regretté car nous avons eu une perspective inédite sur le canal ancien et le nouveau canal et nous avons approché le chantier gigantesque d'un nouveau pont. Comme il n'y a pratiquement que des réserves naturelles du côté du fort, nous nous sommes étonnés de l'ampleur de l'infrastructure. En fait, le chantier s'inscrit dans un projet d'autoroute directe entre Colón et l'épine dorsale que constitue la Panaméricaine.




































Passionnant !
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