mardi 21 février 2017

21 février 2017 (Paraiso / San Lorenzo / Colón / Ciudad de Panama)

Nous n'avons pas trop traîné ce matin car nous avions une programme ambitieux pour la matinée. Nous sommes allés jusqu'au petit pont qui donne accès à la ville de Gamboa au débouché du río Chagres qui communique avec le lac Gatun. On peut y voir une partie resserrée de la voie d'eau et aussi le pont de chemin de fer parallèle au pont routier. La voie de chemin de fer construite au XIXème siècle longe en partie le canal et fait partie de son histoire.



La province de Colòn dans laquelle nous avons passé la suite de la matinée, est située au nord de la province de Panamá. Son activité dominante concerne la sphère du commerce. Elle est l'accès et le débouché côté Océan Atlantique du Canal de Panamà. Son chef-lieu est le premier port du pays. Il accueille une zone de libre échange (zone franche) qui emploie environ 30 000 personnes, et d'importants services bancaires. L'autre moteur de l'économie de la province est le tourisme grâce à ses ressources naturelles. On y a créé plusieurs parcs dont l'entretien nous laisse très dubitatifs. Les bords de route de ceux que nous avons traversés, sont de véritables dépotoirs.

Nous nous sommes rendus au deuxième centre de visiteurs, celui des écluses de Gatún, qui se trouvent au nord du lac Gatún, à 10 km au sud-ouest de Colón. La vue des écluses est encore plus impressionnante qu’à Miraflores : elles sont plus longues, le centre de visiteurs (plus récent) est plus proche des énormes portes coulissantes, elles débouchent sur le vaste lac où nombre de bateaux sont en attente. Pour élever les navires à 26 m au-dessus du niveau de la mer, les écluses disposent de trois bassins sas de 330 m de long chacun et 33,5 m de large. Nous avons assisté au passage d'un énorme méthanier de la Shell, immatriculé (encore) à Singapour. Les "mules" sont remplacées ici par un remorqueur à l'avant et un à l'arrière.

   Bateaux en attente

   Un sas d'après une photo exposée

    Une des nouvelles écluses ouvertes en 2016



   Ouverture des portes

Nous avons nous-mêmes franchi une des écluses, puis parcouru une vingtaine de kilomètres dans un environnement de forêt tropicale pour nous rendre au Fuerte (fort) San Lorenzo baptisé el Real de Chagres. On comprend en voyant ses ruines dominer de 25 mètres depuis un promontoire rocheux l'embouchure du río Chagres, l'importance stratégique qu'il représentait à l'époque pour protéger les navires espagnols qui empruntaient la voie d'eau, chargés d'or et de marchandises, contre les flibustiers européens. Les premières fortifications furent érigées à la fin du XVIe siècle. Elles furent détruites au début de l’année 1671 par le capitaine Joseph Bradley pour le compte d’Henri Morgan, qui lui-même s’y reposa avant de remonter le Chagres et de mettre à sac la ville de Panamá la Vieja. Reconstruit en 1678, plus en hauteur, le fort fut à nouveau détruit en 1742, cette fois par l’amiral Vernon. Reconstruit en 1761, il joue son rôle de fort jusqu’à l’indépendance, en 1821, puis fait office de prison pendant quelques années. C'est toujours avec émotion qu'on parcourt ce genre de lieu de mémoire, paisible et un peu à l'abandon. Pour de nombreux hommes, ce fut là qu'ils trouvèrent la mort dans de cruels combats ou de maladie.

   L'écluse depuis le pont qui la franchit

  Les principaux sites de la matinée





Plus tard, San Lorenzo fut inclus dans la Zone du canal et resta dans l’enclave américaine jusqu’en 1999, avant d’être rétrocédé au Panamá. On y voit en approchant du site d'autres ruines, beaucoup plus récentes, datant de l'époque américaine.

 Curieusement, à quelques kilomètres du fort, une sentinelle vous arrête à un poste de garde pour vous demander ce que vous venez faire et vous laisse passer quand vous dîtes que vous venez voir le fort et, au retour, elle vous demande ce que vous avez fait et vous laisse passer, quand on lui dit avoir vu le fort. Plus près du fort, un droit d'accès est exigé, dont on espérerait qu'il soit affecté à l'entretien de la chaussée et à celui des bords de route, sinon à celui des ruines !

Un peu par hasard, nous avons été conduits à prendre au retour la solution alternative à l'écluse pour franchir le canal, celui du ferry. Nous n'avons pas regretté car nous avons eu une perspective inédite sur le canal ancien et le nouveau canal et nous avons approché le chantier gigantesque d'un nouveau pont. Comme il n'y a pratiquement que des réserves naturelles du côté du fort, nous nous sommes étonnés de l'ampleur de l'infrastructure. En fait, le chantier s'inscrit dans un projet d'autoroute directe entre Colón et l'épine dorsale que constitue la Panaméricaine.

Nous avions pensé éviter Colón qui passe pour une ville peu sûre. L'Ambassade dissuade d'ailleurs les Français de s'y rendre s'ils n'ont pas une bonne raison d'y aller et plusieurs sites conseillent de ne pas s'y promener à pied... Finalement, nous nous sommes arrêtés à proximité d'un centre commercial (à défaut de trouver une place sur le parking du centre) pour y déjeuner rapidement. Notre voiture a été "gardée" par un jeune à qui je n'aurais pas donné le bon Dieu sans confession, mais tout s'est bien passé. Du coup, la curiosité l'a emporté. Nous avons cherché à avoir un aperçu sur Colón. Des travaux sont en cours pour aménager quelques espaces publics, mais dans l'ensemble nous avons vu des quartiers lépreux, des immeubles qui ont dû avoir une heure de gloire, mais qui ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes, des rues en piteux état avec bien sûr un trafic très ralenti, une impression de délabrement général, la pauvreté à l'état pur. On n'a pas vraiment envie de s'y aventurer à pied de jour. La nuit, c'est impensable...










Nous avons retrouvé l'autopista Colón-Panamá peu après 14h et étions dans les faubourgs de Ciudad de Panamá cinquante minutes plus tard. Nous avons déposé les bagages à l'hôtel Best Westen et sommes allés rendre la voiture. C'est toujours un soulagement pour moi ! Sur le chemin du retour à l'hôtel, nous avons jeté un premier coup d'œil sur la ville moderne et ses gratte-ciel. Quel contraste avec le Panamà montagnard et rural ! Quel contraste aussi avec Colón !



  Le réseau électrique fait tache dans cet ensemble...



Nous avons fini la journée au bord de la (petite) piscine de l'hôtel et vu le soleil disparaître entre deux gratte-ciel, avant d'aller dîner dans un restaurant indien pour changer.


   En prime, un drône !


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