mercredi 15 février 2017

15 février 2017 (Isla Carenero / Isla Bastimientos / Isla Carenero)

Nous avons mis au programme de la journée une visite dans l'île voisine de Bastimientos, la plus vaste de l'archipel de Bocas del Toro, avec la Isla Colón. Sa superficie est d'environ 60 km². Elle est formée d'un ensemble de collines densément boisées qui culminent à quelque 25 mètres d'altitude ! Elle est connue aussi sous les noms de Isla Provision et Old Bank Island. La flotte de l'Amiral britannique Francis Hosier y aurait été endommagée fortement par une tempête tropicale en 1727 en marge du blocus de Portobelo, au cours de la guerre anglo-espagnole de 1727-1729. Le blocus coûta la vie à environ 4 500 hommes, dont l'amiral lui-même, victimes de la fièvre jaune. Aujourd'hui, dans tout l'archipel, ce sont surtout les petites mouches appelées ici "chitras", voire "nosee" parce qu'on ne les voit pas, contre lesquelles il est bon de se prémunir !

L'île compte environ 2 000 habitants majoritairement agro-caribéens et essentiellement localisés dans le petit village portuaire de Bastimientos. Les maisons ont la particularité d'être souvent construites en dur (ciment), mais le bois reste la matière première la plus répandue. Elles sont couvertes d'un toit en zinc. Comme la Isla Carenero, le village de Bastimentos est connecté à l'électricité et au téléphone par le biais de cables sous-marins reliés à Bocas del Toro. L'île ne possède ni routes, ni... voitures.

   L'axe principal du village de Bastimientos








L'île est sous le coup d'un fait divers tragique, l'attaque mortelle dont a été victime, il y a quelques jours, une jeune touriste américaine d'une vingtaine d'années sur le sentier reliant dans la partie la plus septentrionale de l'île, face à la mer des Caraïbes, la playa Wizard et la Red Frog beach (qui tire son nom de petites grenouilles rouges ou grenouille des fraises, qui peuplent la forêt près de la plage). Personne ne croit à la version officielle, selon laquelle un Mexicain (un étranger donc, comme par hasard) aurait été arrêté en possession d'une bague de la victime. Chacun incline à penser que l'assassinat est l'œuvre d'un autochtone couvert par l'omerta et donc qu'il court toujours...
Par précaution, nous n'avons pris avec nous qu'un minimum d'affaires (un peu d'argent évidemment, dissimulé comme nous avons pu, maillots de bain et serviettes, petit appareil photo qui, depuis son bain forcé au Nicaragua, ne risque plus grand chose, un peu d'eau, une crème solaire et un produit anti-moustiques).
Arrivés peu après 10h, nous avons jeté un premier coup d'œil sur le village construit tout en longueur de part et d'autre d'un axe principal cimenté, puis nous sommes partis à l'assaut des collines par un étroit sentier rendu glissant par les pluies de ces derniers jours. 
Nous avons fait une pause jus de fruit dans un endroit pittoresque, noyé dans la végétation tropicale, à vingt minutes du village, Up in the ill, une ferme biologique qui fait aussi café (on utilise des pailles en métal donc lavables pour boire un jus de fruit) et boutique. Elle est tenue par un Argentin très inquiet pour lui et sa famille à la suite des récents événements et face à la dégradation plus générale de la situation sécuritaire dans l'île, caractérisée par la multiplication des agressions à main armée devenues courantes malgré le renforcement de la présence policière.
Nous avons poursuivi notre chemin jusqu'à la playa Wizard, une des plages de sable, emblématiques de l'île où une vingtaine de personnes se baignaient et faisaient du surf, sous le regard de deux policiers (sans doute y en avait-il d'autres à l'extrémité opposée de la plage, à l'entrée précisément du sentier tragique). 
   Playa Wizard 
Nous nous sommes joints aux baigneurs un moment, avant de regagner le village par un raccourci. Nous avons déjeuné tardivement (vers 14h30) dans un des restaurants de cuisine caribéenne du village. Nous avions déjà renoncé à nous rendre à Red Frog beach par la mer dans la mesure où il faisait chaud et où elle ne doit guère être différente de Wizard beach.
Hormis le contexte sécuritaire, j'ai été assez déconcerté par Bastimientos. Paradoxalement, les habitants sont très propres. On ne voit pas d'enfants morveux. Partout, sur des fils tendus dans les jardins, sur les clôtures, sur des tôles, sur des massifs de végétaux, on voit du linge qui sèche. Mais les abords des maisons sont répugnants, remplis d'immondices en tous genres, papiers gras, bouteilles vides en plastique, canettes usagées, bouts de tuyau, objets rouillés abandonnés, vieilles planches en vrac... Les habitants semblent indifférents à leur environnement. C'est triste.
Nous avons retrouvé avec plaisir notre chambre climatisée dès 15h30 pour profiter de sa fraîcheur et n'en sommes ressortis que pour héler une navette qui nous a déposés à l'embarcadère de Bocas del Toro pour dîner dans un restaurant appelé La Casbah (!) dont la cuisine n'a rien de maghrébine et qui est tenu par un Européen (par accident si on peut dire, compte tenu de la diversité d'origine de ses aïeux). Il est installé là depuis seize ans, mais cherche à vendre sans pour autant avoir l'intention de quitter le pays.
   La ville de Bocas del Toro vue de notre terrasse, Casa Acuario

1 commentaire:

  1. Un épisode de votre voyage peu engageant, en contraste avec le reste j'espère !
    Ak

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