Le soleil étant de retour, quand nous avons ouvert un œil, nous avons découvert le magnifique point de vue depuis la terrasse de la maison d'hôtes : la vallée en contrebas, constellée de poros, ces arbres orange qui sont féeriques, le lac qu'on devine, un ensemble montagneux en toile de fond, et au loin sur la droite, le bourg d'Orosi...
C'était le jour de la rentrée des classes au Costa Rica. Nous avons vu les petits écoliers et les écolières reprendre le chemin de l'école, vêtus de leurs uniformes.
Nous avons circulé dans un rayon de vingt kilomètres pendant une bonne partie de la matinée. La région qui s'avère être la première région productrice de chayotes au monde, est irriguée par trois cours d'eau, le Río Reventazón, deuxième plus grande rivière du pays, qui a abrité les premières implantations humaines du Costa Rica, le Río Macho et le Río Grande de Orosi.
Le circuit
Nous avons commencé par voir les ruines de l'iglesia Nuestra Señora de la Concepción del Rescate de Ujarras qui s'élèvent aujourd'hui au milieu d'un parc public avec aire de jeu pour les enfants. L'accès est gratuit, mais il faut laisser, en entrant dans la vaste enceinte, son nom et un numéro de carte d'identité ou de passeport sur un registre présenté par un vigile. Bureaucratie, quand tu nous tiens ! L'église passe pour avoir été la première de l'époque coloniale construite au Costa Rica à la fin du XVIIème siècle. Le tremblement de terre de 1822 la fit vaciller. Elle fut abandonnée en 1833 et classée monument national en 1920. La façade laisse deviner un style baroque simple. Les aras ont investi les lieux et n'apprécient guère d'être dérangés par les visiteurs. Ils le font savoir bruyamment par des cris aigus.
Au loin des champs de caféiers parsemés de poros avec lesquels ils vivent en symbiose. Les seconds sont taillés au moment de la floraison (moment où le caféier a besoin de soleil) puis font de l'ombre aux grains naissants une fois que leurs branches ont repoussé.
De l'autre côté du barrage artificiel construit en 1962 et qui est à l'origine du lac de Cachi, la Casa del Soñador (La maison du rêveur) est une bicoque en bois qui a appartenu à un universitaire, Macedonio Quesada, décédé depuis plus de vingt ans, mais dont la passion était la sculpture sur bois. Ses deux fils entretiennent sa mémoire et sculptent eux-mêmes des figurines dans des racines et des troncs de caféiers.
Installé en fond de vallée, Orosi est le bourg le plus important du secteur. Son église coloniale est la seule d'époque, encore ouverte au public. Elle séduit par sa simplicité. Sa façade blanche est basse et un petit clocheton se dresse à côté d'elle. L'intérieur est fait de boiseries. Ni les tremblements de terre ni la modernité n'ont eu raison de ce modeste édifice qui abrite un beau retable baroque en bois coloré. L'ancien couvent des Franciscains mérite une visite, car il abrite un musée vieillot émouvant avec en particulier des vieilles chasubles et des statues en bois très anciennes.
Nous n'avons pas vu la cascade El Salto de la Novia qui doit sa renommée à une légende.
Une fiancée se rendant à son mariage serait morte lorsque son cheval glissa en passant devant la cascade, mais nous avons passé plus d'une heure dans le Jardin botanique Lankester, afin d’aider à la conservation des plantes épiphytes tropicales du Costa Rica. Créé dans les années 1950 par le naturaliste anglais Charles Lankester, à quelques encablures du volcan Irazú, il appartient maintenant à l’Université du Costa Rica. Nous étions dans notre élément ! Sur les 10,7 hectares du jardin, poussent des orchidées (800 espèces sur un total de 1400), des broméliacées, des aracées (philodendrons), des cactées et des zingibéracées. Un jardin japonais a été aménagé qui privilégie les bambous de toutes tailles. Les plantes épiphytes sont d'une incroyable diversité. Nous étions apparemment les seuls touristes étrangers.
Ce n'est pas tant le personnage qui est intéressant, mais plutôt la taille du bambou...
Idem pour la plante épiphyte
Cartago a été la capitale et le berceau culturel du Costa Rica pendant la période de souveraineté espagnole (jusqu’en 1823). Elle en est maintenant la capitale religieuse et, plus prosaïquement, une des capitales provinciales à l’ambiance plutôt rurale. Fondée en 1563 par Juan Vásquez de Coronado, le conquérant du centre du Costa Rica, la ville ne conserve pas grand-chose de son prestigieux passé : en 1841 et en 1910, de terribles tremblements de terre ont en effet détruit tout ce qui en faisait une cité historique. Elle a visiblement été reconstruite sans préoccupations ni urbanistiques, ni architecturales.
Après avoir déjeuné rapidement dans le Taco Bell local (chaîne de cuisine mexicaine), nous avons visité les deux seules curiosités de la ville, qui sans cela, n'a vraiment aucun charme.
Les ruines – inaccessibles mais visibles – de l'église Santo Bartolomeo, fondée en 1575 et dont la reconstruction fut interrompue après le séisme du 4 mai 1910, rappellent les splendeurs d’autrefois.
A l’est du centre-ville, la Basílica Nuestra Señora de los Angeles qui ne date que de 1926, est l’église la plus célèbre du Costa Rica, le sanctuaire où les pèlerins rendent hommage à la sainte patronne du pays, Notre-Dame des Anges, plus simplement appelée La Negrita. Une statuette à son effigie fut découverte en 1635 par une jeune paysanne, et les guérisons miraculeuses qui suivirent, furent à l’origine du pèlerinage qui, chaque année le 2 août, voit des centaines de fervents marcher depuis San José (22 km) et parcourir les derniers mètres à genoux. Nous avons pu constater que le parcours à genoux de la nef par des fidèles en mal d'indulgence avait lieu à tout moment.
Pénitents...
Deux grands drapeaux, emblèmes du Costa Rica et du Vatican flottent sur l'esplanade (nous avions déjà remarqué ce pavoisement inhabituel pour un Français, de part et d'autre de l'autel de la basilique de Turrialba). L'extérieur fait penser à une énorme pâtisserie. L'intérieur en bois est un mélange de styles où on note des influences byzantine et hispano-mauresque. Les vitraux aux thèmes assez classiques, diffusent une lumière avec de très beaux jeux de couleurs.
Arrivés à San Jose vers 14h30, nous avons "posé nos valises" chez nos amis Pierre et Yvette Mateo, rendu la voiture (à mon grand soulagement) après avoir parcouru 1005 km. Yvette nous a fait découvrir à pied le centre ville dans l'ensemble très laid à part quelques vieilles maisons coloniales miraculeusement préservées, comme celle qui abrite l'Alliance française, où nous avons retrouvé Pierre qui en assure la direction depuis deux ans et demi. La plupart des maisons sont équipées de grilles surmontées de réseaux de concertina. On dirait souvent des petites prisons.
Théâtre national
Poste
L'Alliance française
Nous avons passé la soirée à déguster quelques bonnes bouteilles de vins français choisies avec soin par Pierre, accompagnées de charcuterie et de fromages "bien de chez nous". Rien à voir avec le gallo pinto...































































Une monographie sur la flore ..... et la faune Costaricienne est attendue à votre retour !
RépondreSupprimerAnnouk
" Costaricaine" ! Bien sûr.....
RépondreSupprimerAk