dimanche 26 février 2017

26 février 2017 (Ciudad de Panamà / Océan Atlantique)


   Vue qui s'est offerte à nous au réveil pour cette dernière journée panaméenne à travers la baie vitrée de la chambre au 14ème étage

Pas de stakhanovisme touristique pour ce dernier jour à Panamá ! Un taxi Uber (dont nous sommes devenus "accrocs" au Costa Rica), nous a emmenés vers 11h à Panamà Viejo appelé aussi Panamà la Vieja. Fondée par Pedro Arías de Avila, dit Pedrarias (1440-1531), le 15 août 1519, sous le nom de Nuestra Señora de la Asunción de Panamá, six ans après la découverte de la mer du Sud par Vasco Nuñez de Balboa, elle est la première cité espagnole créée sur la côte Pacifique. La baie est connue pour être une de celles qui connaissent les marées les plus amples (jusqu'à six mètres de différence !).


   
      Marée montante

Le nom Panamá viendrait soit de la présence de nombreux arbres dénommés ainsi et que l’on trouve toujours sur le site, soit du terme indigène qui signifie « abondance de poissons » (ou « de papillons »). Le site n’était pas idéal à cause des marécages, de la mangrove et du manque d’eau potable. Pour autant, les colons de Santa María la Antigua de Darién durent quitter leur bourgade sur la côte Atlantique pour s’y établir. L’objectif est alors de faire de cette nouvelle implantation, le port de départ des explorations de la région pour trouver la route de l’Orient et de ses îles à épices. Ainsi, dès 1521, ce paisible village de pêcheurs prend le titre de Ciudad Real (« Cité royale ») et devient le centre politique, religieux et commercial de la « Terre ferme ».

Les plus grandes richesses d’Amérique centrale et du Sud (or, argent, perles, pierres précieuses) y sont bientôt entreposées, avant d’être transportées à dos de mules sur des chemins traversant la jungle et baptisés Camino Real et Camino de Cruces, puis par bateau sur le río Chagres jusqu'à des villes côtières (Nombre de Dios, puis Portobelo à la fin du XVIe siècle). Elles traversent ensuite l'océan jusqu'en Espagne.

   Maquette de çe que devait être la ville à la fin du XVIIème siècle

La cité prospère très vite, surmonte plusieurs catastrophes (tremblement de terre, incendie). Mais surtout, elle attise les convoitises des pirates et flibustiers. En 1671, le corsaire Henri Morgan et ses 1 200 hommes prennent le fort de San Lorenzo, remontent le Río Chagres et prennent par surprise la ville qui compte alors près de 10 000 habitants. Ils la mettent à feu et à sang. Seuls les huttes des faubourgs et les couvents de La Merced et de San José furent épargnés. 


   Le bourreau de la ville, H. Morgan

Les survivants subirent la famine et les épidémies pendant deux ans, avant que la nouvelle ville de Panamá ne soit construite 8 km plus loin, dans une zone mieux protégée et plus saine.

Ce qui restait des églises et couvents fut alors emmené pierre par pierre jusqu’à « Panamá La Nueva », comme nous l'avons constaté en visitant hier l'église de la Merced, de sorte que, de Panamà Viejo qui fut une cité florissante, il ne reste aujourd’hui que des ruines qui auraient pu disparaître sous la pression du développement urbain de la ville moderne dans les années 1950. Mais les ruines ont été par chance classées monument historique par le gouvernement panaméen en 1976 et inscrites en 2003 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Sous une chaleur accablante, nous avons parcouru le site heureusement bien ombragé. On voit surtout des traces d'édifices religieux, ce qui en dit long sur la surenchère à laquelle se livraient les différents ordres religieux pour assurer leur emprise sur les âmes dans les villes coloniales et ce que confirment indirectement les indications données in situ. Mais on voit aussi la trace de lieux de pouvoirs (Cabildo, sorte de mairie) et de quelques demeures patriciennes.













La vie religieuse était un des piliers de la société coloniale. Les Franciscains arrivèrent dès 1520, décidèrent de se fixer définitivement en 1573 et commencèrent à bâtir en 1603 un édifice en pierre, bien situé sur une petite élévation, face à la mer, et doté d'une réserve d'eau. La ville eut bien sûr un établissement conventuel féminin à l'initiative de l'Ordre de l'Immaculée Conception, très respecté en Espagne. Les religieuses vivaient en général plus cloîtrées que les moines, à l'abri du regard des hommes. Les Jésuites furent les derniers à s'installer entre 1578 et 1582.




   Exhumation de squelettes sous le parvis de la cathédrale.

L’édifice le plus emblématique et le mieux conservé est la tour carrée de la cathédrale, un monument emblématique au Panamá qui a été reproduit sur des anciens billets de banque et des timbres. L'histoire de la cathédrale elle-même est intéressante car elle illustre celle de la ville et de ses vicissitudes : création d'une église en bois et paille en 1524, refonte complète en 1586 avec la construction d'une véritable nef, de trois accès et d'une tour séparée, extension à trois nefs en 1607, effondrement de la tour en 1610 et déstabilisation de l'église, consolidation et restructuration entre 1619 et 1626 avec la création de deux chapelles latérales et la reconstruction de la tour, incendie en 1644 et nouvelle réhabilitation en 1649. Nous sommes montés au sommet de la tour (30 mètres) par un escalier intérieur pour bénéficier d'une vue panoramique sur le site et surtout les gratte-ciel de la ville moderne, qui se détachent à l'horizon.





   Vue du sommet de la tour sur la ville moderne

Peut-être aurions-nous dû nous arrêter au petit musée qui conserve, paraît-il quelques œuvres pré-colombiennes et des cartes d'époque, mais la fatigue commençait à se faire sentir. Un bus nous a déposés dans le quartier des affaires, mais le Taco Bell où nous pensions manger avait disparu. De plus trouver un restaurant ouvert dans ce quartier déserté le week-end n'est guère aisé. Après avoir déambulé un bon moment sous la chaleur, un Subway climatisé a été notre planche de salut sur le coup de 14h.

Un nouveau recours aux services d'Uber nous a permis d'aller à l'opposé de la Ciudad de Panamá, visiter le Musée de la biodiversité. C'est une œuvre de l'architecte canadien (marié à une Panaméenne), Frank Gehry. C’est sa première réalisation en Amérique latine. Bénéficiant d’une situation exceptionnelle à l’entrée du canal de Panama, le musée comprend sur 4000 m², huit galeries, un espace pour les expositions temporaires, une boutique et un café. Le design coloré est destiné à représenter la masse de terre étroite connu sous le nom de Panama et qui permet d’unir les deux continents qui allaient constituer l'Amérique.

   Olivier et son panama devant le Museo 


 
    Le Pont des Amériques vu du musée 

   Le chemin de fer a contribué à l'essor de la ville


   Creusement du canal

   Le même site de nos jours (d'après une photo)

Même si on peut reprocher au musée d'être par certains égards un plaidoyer pro domo des Panaméens, c'est une bonne sensibilisation aux enjeux de la biodiversité et une mine de renseignements sur l'origine géologique du Panamà et les conséquences de sa formation.

Il y a 45 millions d'années, la question de la création d'un canal ne se posait pas, puisque les deux océans n'en formaient qu'un, mais par le mouvement des plaques tectoniques, une bande de terre s'est soulevée. Elle a séparé deux océans. Elle a modifié les courants marins et par là-même les climats. Elle a mis en contact des espèces animales qui ont migré du Nord au Sud et inversement.

Concernant la biodiversité, elle se réfère à la grande variété des organismes vivants et des systèmes biologiques que l'on trouve sur la Terre qui au final forment la biosphère. Elle nous assure la nourriture et nous donne les moyens de nous soigner. Or on assiste à une accélération de la disparition des espèces de nos jours sous l'action de l'homme et du fait de la pression démographique (actuellement, 7,14 milliards d'habitants et une augmentation de deux individus par seconde !). Certaines disparaissent avant même d'avoir été identifiées. Cinq millions ha de forêt disparaissent chaque année...

   Une espèce disparue de paresseux (à l'échelle !) 

Après une (très) longue attente, nous avons fini par monter dans un bus qui nous a emmenés au Terminal nacional de Transporte d'Albrook, une véritable plaque-tournante de bus nationaux et urbains, connectée à l'une des extrémités de la ligne de métro. Après une étape chez un des glaciers de la gare routière, nous avons courageusement repris une dernière fois le métro à destination de la station Via Argentina pour récupérer nos valises et sacs à dos à l'hôtel vers 18h et rejoindre dans la foulée l'aéroport de Tucumen, où un vaste chantier se poursuit pour accroître de façon significative la capacité aéroportuaire de la capitale panaméenne.




Le séjour en Amérique centrale se termine là. Le blog aussi ! L'étape panaméenne nous a aussi beaucoup intéressée, notamment l'histoire, l'organisation et le fonctionnement du canal et les coutumes des Gunas. Le pays lui-même nous a plu et des trois capitales, Ciudad de Panamà est sans doute la plus "vivable". Le pays est toutefois - et ce n'est pas étonnant - le plus américanisé et les Panaméens ne nous ont pas semblé très aimables. Mais, les Français - les Parisiens notamment - ne sont pas non plus des modèles d'amabilité... Des trois pays visités, c'est sans doute le Nicaragua (et les Nicaraguayens) qui nous aura le plus marqué.

samedi 25 février 2017

25 février 2017 (Ciudad de Panamà)


   Pour bien démarrer la journée... un bagel pour changer !

Après avoir déposé l'essentiel de nos bagages au Best Western Plus Panamà Zen Hotel (!) où nous avions déjà dormi avant la séquence des San Blas et qui est proche de la station de métro Via Argentina, nous avons expérimenté la première ligne de métro d’Amérique centrale (13,7 km) qui va de Albrook à San Isidro. Elle a été inaugurée en avril 2014, après seulement 3 ans de travaux et les rames sont sorties d'usines Alstom (cocorico !).


Nous sommes descendus à la station "5 de Mayo" dans le quartier de Santa Ana et avons remonté l'Avenida Central piétonne et commerçante qui mène au Casco Viejo que nous voulions découvrir. Cette rue animée et ses alentours immédiats sont un spectacle permanent. Les vendeurs de billets de loterie sont légion. Ils voisinent avec des petits marchands en tous genres. Les coiffeurs sont curieusement regroupés géographiquement et travaillent côte à côte. Nous n'avons toujours pas trouvé de boîtes à lettres. Olivier, en revanche, a trouvé un... panama pour remplacer la casquette engloutie dans le río Caldera.





    Femmes Gunas 



   L'histoire de Panamà en trois fresques



Le Casco Viejo ou Casco Antigo est la vieille ville de Panamá, située sur une petite péninsule qui avance dans la baie. Le quartier était, il y a encore dix ans dangereux. Il est aujourd’hui très sécurisé. La police est omniprésente, d'autant que la période de carnaval a commencé hier soir et doit durer jusqu'à ce mardi-gras. Il englobe le quartier colonial de San Felipe et une partie de celui de Santa Ana et du Chorillo.

San Felipe est un lieu vraiment à part "dans une capitale bouillonnante où l’on s’arrache les dernières maisons centenaires pour les raser et planter des tours et où l’automobile et les centres commerciaux sont rois". C'est un véritable havre de calme, plein de charme. Mais il y a encore du travail pour au moins une génération si l'on veut rénover tous les bâtiments qui mériteraient de l'être, après avoir été laissés à l'abandon pendant des décennies.

Le quartier colonial a connu en effet bien des vicissitudes. Il fut pendant très longtemps le centre économique, politique et religieux du pays et a subi de fréquents incendies aux XVIIe et XVIIIe siècles. "A la fin du XIXe siècle, l’élite est bien présente et les étrangers débarquent en masse faisant grimper les prix. Mais au cours du XXe siècle, le quartier va se paupériser petit à petit. A partir des années 1920, l’élite abandonne les luxueux immeubles particuliers pour des maisons plus grandes et modernes situées dans les quartiers résidentiels de La Exposición, Bellavista, et plus tard de El Cangrejo, San Francisco ou Paitilla. Les immeubles vacants sont rapidement fractionnés et mis en location. Ce phénomène de subdivision de l’espace va très loin et s’accompagne d’une augmentation de la population qui atteint des sommets dans les années 1970. Les immeubles ne sont plus entretenus et les autorités ne connaissent parfois même plus le nom du propriétaire… Les beaux immeubles se transforment alors en taudis surpeuplés. Le quartier devient dangereux et des gangs redoutés font leur apparition dans les années 1980 du côté de la place Herrera… Néanmoins, les autorités commencent à restaurer les églises et les plus belles demeures de San Felipe dans ces mêmes années. Le changement radical intervient en 1997 quand l’UNESCO inscrit l’ensemble du quartier sur la liste du patrimoine mondial. L’Etat et les investisseurs privés se lancent alors dans d’importants travaux de restauration. Aujourd'hui, c'est de plus en plus un quartier "branché".


   Café "Coca Cola", un café traditionnel à l'entrée de San Felipe



Nous avons déambulé trois bonnes heures dans les rues de San Felipe sans voir le temps passer en nous intéressant à l'architecture éclectique du quartier (anciennes maisons coloniales rescapées des incendies - ceux notamment de 1737 et 1756 -, maisons en bois de style caribéen, édifices massifs néoclassique ou Art déco) et en nous arrêtant pour visiter les différentes églises.











La première sur notre route, l'église de La Merced, conserve encore sa façade originale de style baroque, construite en 1680 avec les pierres de l’ancienne église du même nom de Panamá La Vieja. Deux tours massives couronnées par une coupole l’entourent. 


Au milieu de la place Herrera s’élève la statue équestre du général Tomás Herrera, valeureux meneur d’un mouvement séparatiste de quelques mois en 1840. Cette statue est l’œuvre du sculpteur français Auguste Denis. La place a été créée après l’incendie de 1781. Jusqu’en 1928, elle accueillait de nombreuses corridas. Parmi les immeubles, on remarque surtout celui restauré de l’American Trade Hotel, anciennement « La Reformada » (le premier "gratte-ciel" bien modeste de la ville) et l’ancien hôtel Herrera, édifié en 1923, ainsi que plusieurs maisons de la fin du XIXe siècle.


Dans une rue adjacente, des fresques rappellent le combat des Gunas pour faire prévaloir leurs droits. Le 25 février est d'ailleurs la date anniversaire de la "révolution Dule" qui a débouché sur le statut d'autonomie pour cette communauté.


Construite entre 1671 et 1677, l’église San José est célèbre pour son retable recouvert de feuilles d’or (Altar de Oro). La légende veut qu’il ait été sauvé du pillage de Panamá La Vieja par Henry Morgan grâce à l’ingéniosité des moines qui le dissimulèrent en le recouvrant de carbonate de plomb (céruse), mais il daterait en fait du XVIIIe siècle… Ses détails baroques en font l’une des plus belles œuvres religieuses de l’époque coloniale.



    Des statues du Christ en robe...


Nous sommes ensuite passés devant les ruines du couvent de la compagnie de Jésus.


La Plaza Independencia est aussi appelée Plaza Mayor ou Plaza Catedral. Là furent proclamées les deux indépendances du Panamá, en 1821 et en 1903. La plaza était autrefois carrée et servait pour des représentations de théâtre, des défilés militaires ou des corridas. Après l’incendie du couvent qui donnait autrefois dessus, elle a été agrandie en 1878 et aménagée en parc de forme rectangulaire, avec des arbres, des bancs et le kiosque qui se dresse en son centre.

Construits en 1678, l’église et le couvent Santo Domingo étaient des plus somptueux jusqu’à l’incendie qui les ravagea moins d’un siècle plus tard. L’ensemble est connu sous le nom de Arco Chato, en raison de la présence d’une "arche aplatie" très large, construite en brique et mortier pour soutenir le cœur. Au moment du choix du tracé d’un canal, alors que les Américains hésitaient encore entre le Panamá et le Nicaragua, l’arche, toujours debout malgré les siècles, était la preuve de la situation privilégiée du Panamá au niveau sismique. L’arche s’est finalement effondrée le 7 novembre 2003 sous les secousses… d’un marteau-piqueur ! Elle a été reconstruite à l’identique trois ans plus tard.


L’ancienne place d’Armes coloniale a été réaménagée en 1922 pour rendre hommage à la tentative vaine du percement de l’isthme par les Français. Au fond de la place, se dresse un obélisque au sommet duquel trône un fier coq gaulois qui regarde vers le canal et la France ! Sa base est entourée des bustes de personnages ayant joué un rôle majeur dans "el esfuerzo francés" ("l’effort français", expression en cours ici pour désigner le chantier engagé par les Français) : Ferdinand de Lesseps et les ingénieurs Armand Reclus, Napoléon Bonaparte Wise, Léon Boyer et le Panaméen Pedro Sosa. Derrière eux, dans une galerie semi-circulaire dotée d’arcades, est gravée dans le marbre l’histoire du canal racontée par Octavio Méndez Pereira. Une plaque rend également hommage au médecin cubain Carlos Juan Finlay, qui identifia le moustique responsable de la transmission de la fièvre jaune et préconisa le contrôle des populations de moustiques comme lutte efficace contre la maladie. Un peu avant l’escalier se trouve l’endroit où fut fusillé en 1903 Victoriano Lorenzo, héros indigène de la guerre des Mille Jours. L’ambassade de France occupe judicieusement une jolie maison du début du XXe siècle qui donne sur la place, juste derrière la maison de Ferdinand de Lesseps. On ne peut que se féliciter que nos penseurs parisiens n'aient pas (encore) eu l'idée de transférer l'ambassade et la résidence dans quelque tour de la ville moderne. L'ambassade est, il est vrai, admirablement située à côté des services du chef du gouvernement et du Ministère des Affaires étrangères que nous avons vus en allant voir la Plaza Bolívar. El Palacio de Las Garzas, siège de la Présidence de la République, est à peine plus loin.

    L'ambassade de France sur la place de...  France


   Le Pont des Amériques vu de la Place de France

La Plaza Bolivar a vu le jour après l’incendie de 1756. Elle accueille en son centre un ensemble de statues rendant hommage à Simón Bolívar, héros de l’indépendance des colonies américaines. Les statues ont été érigées à l’occasion du centenaire du Congrès panaméricain de 1826 organisé par el Libertador pour tenter de constituer une confédération des peuples libérés de l’Espagne et de consolider ainsi l’indépendance. Les séances se sont tenues dans une ancienne salle du couvent franciscain, connu aujourd’hui sous le nom de Salón Bolívar. La place est calme et offre de belles perspectives sur l’église néo-classique San Francisco de Asis. L’église et l’ancien couvent des Jésuites sont parmi les premiers édifices construits après la destruction de Panamá La Vieja. L’ensemble brûla à deux reprises (1737 et 1776) mais fut reconstruit immédiatement. En 1918, l’architecte Vilanueva Meyer entreprit une réfection totale de l’édifice qui se vit attribuer un haut clocher polygonal.


Nous avons emprunté ensuite la calle Pablo Arosemena dans la partie Est de San Felipe, nettement moins reluisante. Nous n'y traînerions pas la nuit. Nous sommes ainsi arrivés au Marché aux poissons dont les étals étaient encore bien achalandés malgré l'heure déjà tardive. Les petits restaurants ouverts dans l'enceinte du marché vantaient leurs ceviches, mais nous en avions déjà mangé un en cours de route, accompagné d'un... mojito !


   La ville moderne vue des abords de la calle Pablo Arosemena 

Nous nous sommes retrouvés sur le site du carnaval. On ne badine pas avec la sécurité : fouille minutieuse de tous les sacs à l'entrée, assortie de palpations pour tous les visiteurs, et très importante présence policière dans l'enceinte où, soit-dit en passant, bières et boissons plus alcoolisées sont en vente libre, sous réserve des interdictions habituelles qui frappent les mineurs. En début d'après-midi, alors que la chaleur bat son plein, l'activité favorite des présents consiste à se faire arroser par des lances reliées à de camions-citernes sur fond de musique latino. Il n'y avait d'ailleurs pas une grande foule.



    Fantaisie d'un architecte (non les balcons ne sont pas inclinés...)



Après cette prise de contact, nous sommes rentrés faire une pause à l'hôtel vers 14h30 pour "recharger les batteries" et profiter de la piscine avant de retourner vers 17h sur le site du carnaval pour suivre une parade (en fait 18h !).

Là encore, le public n'était pas nombreux et était calme, mais nous avons compris qu'il y avait en fait une montée en puissance chaque jour et que la grande parade serait celle de mardi prochain. En plus, le carnaval le plus couru au Panamá n'est pas celui de la capitale ! 

    Le soleil décline (attente de la parade)













Nous avons bien sûr trouvé moyen de nous perdre dans la foule, chacun étant occupé à prendre des photos de son côté, de sorte que nous nous sommes retrouvés à l'hôtel vers 19h30, avant d'aller dîner de tacos dans une taqueria recommandée dans nos guides, Mordida de Burro (la morsure de l'âne).

      Dernière nuit au quatorzième étage de l'hôtel Best Western