Le temps s'est couvert dans la nuit et il s'est mis à pleuvoir quand nous avons voulu sortir. Du coup, nous avons profité plus longuement de notre chalet dans son écrin de verdure.
Chambre avec vue...
À la faveur d'une accalmie, nous avons enfourché nos vélos, mais, petit désagrément, la valve du pneu arrière du mien à jouer la fille de l'air à deux kilomètres de notre finca et surtout cinq du loueur. Impossible de regonfler ! J'en ai été quitte pour aller trouver le loueur avec le vélo d'Olivier qui m'a attendu sagement, et le convaincre de récupérer un véhicule pour faire un échange standard de vélos. Une bonne mise en jambe pour moi ! Incident clos sur le coup de midi !
Nous avons alors pu poursuivre notre route vers Manzanillo, un village typique caribéen, à 12 km au sud de Playa Cocles, là où la route côtière se termine. Celle-ci n'existe que depuis 1984. L'absence de liaison terrestre pendant longtemps a contribué à préserver la culture et les traditions du village qui est habité de descendants de pêcheurs afro-caribéens. Mais tout cela est en train de s'estomper, paraît-il, au contact de l'extérieur et de ses tentations.
Nous avons fait une pause pique-nique sur une des tables en ciment prévues à cet effet en bord de mer à l'entrée du village, avant de poursuivre nos investigations. Les maisons en bois sur pilotis sont souvent peintes de couleurs vives et l'empreinte rasta est là aussi très marquée.
Le référence au reggae ou au calipsô est omniprésente
La place et ses abords plantés de cocotiers sont squattés le week-end par des familles costaricaines qui s'installent carrément pour passer une journée voire deux en dormant sur place à la belle étoile. Elles tendent éventuellement une bâche pour se préserver de la pluie, elles étendent un tapis de sol, elles fixent un ou deux hamacs, elles font la cuisine au barbecue, elles recourent à des glacières, parents et enfants se baignent. C'est tellement ancré dans les habitudes que les riverains louent... leurs toilettes et leurs douches !
Le Refugio Nacional de Vida Silvestre Gandoca-Manzanillo a été créé en octobre 1985 pour protéger 5 013 ha de terre et 4 436 ha marins englobant des récifs coralliens, des lagunes, des mangroves, des forêts primaires, des plages et même quelques pointes rocheuses. Un sentier de onze kilomètres existe, mais il n'est pas prudent de s'y aventurer sans guide, d'abord parce qu'il a tendance à disparaître sous la végétation et il faut parfois le rouvrir à coups de serpe, ensuite parce que plusieurs témoignages récents de victimes laissent entendre que des attaques par des détrousseurs de touristes, armés de machettes, sont toujours possibles. Nous n'avons pas voulu tenter le diable et avons renoncé à nous y aventurer trop, malgré une présence policière ostensible. De plus, le temps redevenait menaçant.
Nous avons donc rebroussé chemin et repris nos vélos pour rentrer à la finca Chica. Nous avons jeté un coup d'œil rapide sur la plage réputée de Punta Uva sans s'y baigner et avons eu la chance un peu plus loin d'observer depuis le bord de la route deux paresseux qui se donnaient en spectacle, se souciant peu de l'attroupement qu'ils provoquaient en-dessous d'eux.
Notre projet de bain à la Playa Cocles a été douché au sens propre du terme par le retour de la pluie. À toute chose, malheur est bon : le blog a été actualisé ! Mais la pluie tombait toujours lorsqu'à la nuit tombée, nous avons dû reprendre les vélos pour aller les rendre et dîner à Puerto Viejo.
Comme le pire n'est jamais sûr, tout s'est arrangé : la pluie s'est interrompue (provisoirement) ; nous avons trouvé réserver des billets pour être pris en charge demain matin directement à la finca et conduit jusqu'à la frontière et au-delà (au bout de cinq semaines de voyage, on commence à opter pour la facilité !) ; nous avons trouvé un restaurant sympa, appelé Tamara, une cuisine caribéenne presque trop copieuse et un propriétaire truculent et jovial. Edwin Patterson a fondé son restaurant à l'âge de 17 ans, en 1983, pour en faire un lieu de réunion pour que les jeunes de sa communauté puissent parler des questions la concernant et de sport, jouer aux dominos, écouter de la musique reggae, passer simplement un moment ensemble. Il a même été député de 2002 à 2006 (Partido Acción Ciudada / Citizens Action Party) et a milité en vain pour le rattachement à Panamá, de la région allant de Cahuita à Manzanillo. Il a été surnommé "El pintoresco" (le pittoresque, le haut-en-couleur). En parlant avec lui dans sa langue maternelle (l'anglais créole souvent appelé patua, déformation de patois), on comprend pourquoi !



















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