vendredi 3 février 2017

2 fevrier 2017 (Samara / Cobano / Montezuma)

Le plein d'essence au départ de Samara n'a pas été un luxe, car les stations-services ne sont pas légion (c'est un euphémisme !) tout au long de l'itinéraire que nous avons emprunté aujourd'hui, un itinéraire qui sort, il est vrai, des sentiers battus, même si l'axe est qualifié de national sur les cartes du pays.

Nous avons commencé par revenir sur nos pas jusqu'à Puerto Carrillo, à une dizaine de kilomètres à l'Est de Samara. La cité plutôt tournée vers l'agriculture, s'est développée sur la hauteur, préservant ainsi le bord de mer qui est de toute beauté : l'image d'Epinal de la vaste plage de sable fin bordée de deux rangées de cocotiers et une baie parfaite, d'un beau bleu.


La route goudronnée s'est transformée ensuite en piste poussiéreuse pendant soixante-dix bons kilomètres. Elle commence par surplomber l'océan, offrant des points de vue exceptionnels sur la côte en contrebas.




Punta Islita, le premier village rencontré en chemin, mérite un arrêt. Il s'est développé grâce au soutien que continue de lui apporter l'hôtel de grand luxe qui a vu le jour, il y a quelques années. C'est un véritable petit musée d'art moderne en plein air. De nombreux murs sont couverts de fresques ou de mosaïques, notamment les bâtiments publics et l'épicerie. Un petit bâtiment expose des œuvres d'artistes locaux (tableaux, peintures sur... draps recyclés, compositions artistiques originales).











La piste nous a rappelé les gravel road néo-zélandaises. Elle requiert du conducteur une vigilance accrue car elle suit, là encore, un tracé de véritable montagne russe et, même si la circulation est réduite, un véhicule peut surgir à tout moment en haut d'une butte au moment où on l'aborde, ou au milieu d'un tournant. De plus, les iguanes imprudents sont nombreux à traverser la piste et il vaut mieux les éviter pour préserver l'espèce.

Elle traverse des régions surtout vouées à l'élevage bovin, notamment celui d'une race de vaches pourvues tantôt d'un étonnant jabot, tantôt d'une bosse comme un dromadaire. Nous avons aussi rencontré des vastes plantations qui nous ont intriguées. D'une façon générale, on sent en sillonnant même une région reculée, que le pays est nettement plus riche que le Nicaragua et que la population a mieux assimilé les préoccupations environnementales de base, comme le tri sélectif, que ses voisins du Nord.




La Playa San Miguel passe à juste titre pour une des plus belles de la côte. Le sable fin s'étend à perte de vue sur une grande largeur. 





Nous avons fait étape dans un petit restaurant de plage isolé et qui ne paie pas de mine, Locos Cocos. La cuisine est installée dans un conteneur et quelques tables et bancs sont disposés non loin de la plage. Il est tenu par un Costaricain sympathique, installé là depuis 17 ans. Il a aussi ouvert un peu plus loin une série d'hébergements, Cristal Azul (qui ne sont "pas donnés"). Mais il sert d'excellents ceviches (on ne s'en lasse pas, surtout accompagnés par une bière bien fraîche, alors que la température dépasse les 35 degrés). J'ai trouvé assez surréaliste de pouvoir sur ce coin de plage perdu du Costa Rica me connecter à Internet et même échanger avec Laurent Dequenne, le maire du Claon, la commune voisine de La Chalade, quelques informations sur notre communauté de communes Meuse-Argonne !



   Transmission de bouche de druide à oreille de druide des secrets pour réussir un bon ceviche !

Nous nous sommes aussi fait la réflexion, qu'à l'heure de l'affairisme en matière immobilière et à celle du tourisme de masse, il y avait encore, pour peu qu'on ait un peu l'esprit aventureux, la possibilité de trouver des endroits pratiquement vierges, des lieux préservés de constructions hideuses, de publicités envahissantes et de détritus déposés par l'homme, à défaut de pouvoir toujours échapper à ceux déposés par les vagues (mais généralement dus à l'homme !)

Un peu plus loin, nous nous sommes arrêtés autant par curiosité que par gourmandise dans un établissement appelé Pizza Tree pour déguster une glace à la papaye dans... un gros arbre. Et le plus amusant est sans doute qu'une importante colonie de singes hurleurs s'était établie dans l'arbre voisin ! Le restaurant est tenu par un Italien qui vit six mois par an au Costa Rica et six mois en Italie où il a un métier très prenant (monter des stands d'exposition un peu partout en Europe). Au Costa Rica, il se déstresse... 




Nous avons évité un chemin plus court non pas tant à cause des gués annoncés (nous en avons quand même franchi cinq petits), mais à cause d'une mise en garde lu sur un site internet consulté ce matin, aux termes de laquelle ces passages de gué auraient été le théâtre de plusieurs agressions à main armée au cours des deux dernières années... Difficile à croire, mais il est vrai que les lieux sont très isolés et que le trafic est quasi inexistant. Nous avons décidé de jouer la prudence...


Cóbano (7500 habitants y compris une pléiade de villages rattachés) fait figure de grand centre urbain à l'échelle de la péninsule. Nous ne nous sommes pas tout de suite arrêtés à Montezuma, un des villages rattachés à Cóbano, préférant explorer la côte et enchaîner des bains dans des petites baies différentes. 



Nous sommes ainsi allés jusqu'à Cabuya, à 7 km de Montezuma, où nous avons pu admirer le fameux ficus cotinifolia appelé el Higueròn, qui a connu plusieurs générations d'habitants. Ses racines sont énormes et ses branchages forment une voûte au-dessus de la chaussée. Cabuya est une communauté de pêcheurs artisanaux. Son cimetière est curieusement localisé sur une île déserte toute proche de la côte (accessible à pied à marée basse).



   L'île au cimetière

Nous sommes rentrés à Montezuma, souvent appelé par les locaux « Montefuma », en raison du côté baba cool de ses voyageurs (dreadlocks et bandanas sont ici très communs) qui fument beaucoup, et pas que des cigarettes. La Casa de Soby, notre maison d'hôtes pour ce soir, est sur les hauteurs du bourg. Une piste extrêmement pentue y mène et un pont très étroit exige du conducteur de bien avoir le compas dans l'œil. 


La maison était déserte et ouverte à tous les vents. Une maison assez délirante et sans doute à nulle autre pareille dans le coin ! Une maison organisée comme un bar de plage totalement ouvert sur la nature, avec des formes toutes arrondies, des combinaisons de couleurs à la Hundertwasser, une petite piscine agréable ! Son propriétaire, un autre Italien, DJ de profession, est rentré peu après. Lui aussi visiblement n'avait pas fumé que des cigarettes... 





L'heure du dîner approchant, nous avons bu un cocktail dans un bar-restaurant Cocolores situé en bord de mer. Nous avons dîné dans le meilleure restaurant de la place, Playa de los artista
recommandé par notre hôte. Le cadre est magique (sous des arbres, à quelques mètres seulement de l'endroit où viennent mourir les vagues), l'ambiance est romantique (le seule éclairage se fait à la bougie), la cuisine est excellente (salade chaude de poulpes et de fromage de chèvre, calamars farcis, poissons cuits ou crus etc.), le service est souriant et les prix sont... honnêtes. Que demander de plus ? 

   Montezuma à l'heure du dîner

   Dans l'attente des plats...

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