Nous nous sommes réveillés de bonne heure, uniquement pour avoir le plaisir de jouir du spectacle qui s'offrait depuis "notre" terrasse, celui du soleil éclairant peu à peu les eaux calmes en contrebas et les îlots aux alentours de Boca Brava.
Nous avons bavardé longuement avec un couple de Français arrivés de bon matin et qui avaient voyagé toute la nuit pour passer plusieurs jours sur l'île. Eux aussi étaient un peu décontenancés par l'absence de signalétiques pour trouver l'hôtel, l'impossibilité de prendre le moindre repas sur l'île et le sous-équipement de l'établissement (pas de cafetière dans la cuisine commune, une flopée de poêles, mais pas de casserole, tout à l'avenant !).
Après avoir retrouvé vers 10 heures, notre voiture à Boca Chica, nous avons repris la route qui permet au bout de 21 km de retrouver la Panaméricaine que nous avons empruntée ensuite sur environ cent cinquante kilomètres. Elle sera à quatre voies sous peu. Même si on circule encore sur deux voies, cela n'a rien à voir avec le calvaire du Costa Rica !
A mi-chemin entre David et Panamá City, Santiago, capitale de la province de Véraguas, la troisième province que nous découvrons après Bocas del Toro et Chiriquí, est une ville étape d’environ 60 000 habitants. Comme il était 13 heures, nous avons pris un en-cas dans un Subway avant de poursuivre notre route vers San Francisco de la Montaña, à une vingtaine de kilomètres de Santiago sur la route de Santa Fé.
Nous y avons vu une des plus célèbres églises du Panamá. Elle est très peu visitée par les touristes étrangers, mais est très connue des Panaméens et avait été honorée par une visite de SS. Jean XXIII. L’église coloniale San Francisco de Asís construite en 1727, restaurée entre 2006 et 2009, accueille un magnifique autel orné d'un étonnant retable formé de 480 pièces de bois (cèdre et frêne) différentes, et huit autres retables en bois sculptés, respectivement consacrés aux Âmes (en cours de restauration), à la Vierge du Rosaire, à Santa Barbara, à l'Immaculée Conception (192 pièces), à la Passion du Christ, à San Jose (Saint Joseph), à la Vierge du Carme, à San Antonio (Saint Antoine).
Ce joyau de l’art baroque est l’œuvre anonyme d’Européens et Indigènes venus exploiter l’or des rivières Belém et Veraguas. "Les sculptures présentent des traits indigènes montrant le syncrétisme culturel de l’époque". La chaire et la clôture en bois du baptistère sont également des œuvres d'art. Nous avons passé un long moment à admirer dans le détail ces œuvres étonnantes accessibles gratuitement, en bénéficiant des explications d'un jeune guide sympathique et disponible. L'église n'est plus affectée qu'exceptionnellement au culte depuis deux ans. La couleur retenue pour l'extérieur de la nouvelle église ne fait pas l'unanimité. Le contraste entre les deux édifices est saisissant !
Nous sommes arrivés à Santa Fé vers 15h30. La petite ville a fait tache d'huile sur plusieurs collines, de sorte qu'en la sillonnant, on est toujours en train de monter ou descendre. Elle fut fondée en 1557 par le capitaine Francisco Vásquez dans le but de démanteler la résistance des indigènes, de les convertir au catholicisme et de permettre le passage des convois vers les mines d’or de la région. Santa Fé est situé à 470 m d’altitude, ce qui suffit pour que l’air y soit plus frais qu'à Santiago, surtout le soir. On y est entouré par les montagnes et la végétation plus clairsemée à Santiago, reprend ses droits. La cité est peuplée majoritairement d’Indiens Ngäbe Buglé, qui travaillent dans les fincas.
Sur la route entre San Francisco et Santa Fe
Nous nous sommes installés à l'hôtel Coffee Mountain Inn bien situé avec de belles vues sur la chaîne de montagnes et, comme l'heure le permettait encore, nous avons choisi de nous livrer à une des activités proposées par l'établissement, une descente de la rivière sur une bouée pendant un peu plus d'une heure. Une expérience encore inédite ! Tantôt on se trouve pris dans des rapides et brinquebalés de toutes parts, tournoyant sur soi-même, tantôt le cours d'eau est calme et on peut profiter pleinement du cadre verdoyant qui défile de part et d'autre. Mais, il ne faut pas se laisser surprendre et chacun de nous deux a chaviré une fois. Pour Olivier, le bilan des vacances s'est alourdi. Après une première casquette et un chargeur d'appareil photos au Nicaragua, ce fut au tour de la casquette achetée à Mataya et, plus ennuyeux, de ses lunettes de vue de disparaître "corps et biens" ! Pour moi, le bilan aurait pu être une belle bosse... Nous avons d'ailleurs été surpris - a posteriori - de ne pas être équipés comme pour le rafting d'un casque !
Nous avons dîné dans un restaurant pittoresque du coin, nommé Hermanos Pineda et fait la fermeture dès 20h30. Pas de vie nocturne un dimanche soir sous ces latitudes ! Pour pouvoir lire le menu et voir ce qu'il mange, Olivier a opté pour sa paire de lunettes de soleil qui lui donne un faux-air de Blues Brothers !



























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