Nous nous sommes adonnés à la randonnée subaquatique une partie de la matinée. Les environs sous-marins à proximité de notre cahutte sont très prisés des grosses étoiles de mer jaunes. Quelques parties de rami ont complété l'agenda chargé de la matinée, en attendant que le coup de trompe nous appelle sous l'abri qui fait office de restaurant pour déguster un poisson grillé fraîchement pêché.
Le seul véritable inconvénient pour nous qui sommes tributaires de la civilisation moderne, est la coupure totale depuis hier matin et jusqu'à demain soir avec le monde extérieur. Ce n'est pas tant l'actualité française qui nous manque que la lecture de notre messagerie électronique qui nous relie à nos familles et à nos amis en cas d'urgence, en l'absence de toute possibilité de se connecter à Internet.
Souvent, nous constatons que l'absurde peut aussi régner en maître ici. Tôt le matin et pendant tout au long de la journée, la partie de plage autour des cabañas et le bord de mer sont ratissés avec un soin scrupuleux pour enlever les algues mortes qu'apportent les vagues. C'est un travail digne de Sysiphe, d'autant que, mises dans des grands sacs en plastic, elles sont vidées un peu plus loin... dans la mer. Les canettes, bouteilles en plastic, déchets solides qui se trouvent pris dans les dents des râteaux, au lieu d'être regroupés et évacués, sont immanquablement rejetés d'un geste ample le plus loin possible... dans l'eau !
L'île compte de nombreux enfants qui courent autour des cases, s'ébattent bruyamment dans l'eau, mais répondent immédiatement à l'appel des parents pour participer à des petits travaux. En tout état de cause, ils ne semblent nullement souffrir de l'absence de rythmes scolaires.
Le forfait du séjour comprenait une excursion en bateau. Prévue à 13h30, elle a commencé à 14h, mais nous commençons à être habitué aux horaires flexibles depuis notre arrivée en Amérique centrale. La lancha nous a déposés d'abord sur un îlot pelé de quelques mètres carrés, mais c'était pour une séance de randonnée subaquatique tout autour. Le récif corallien, en assez bon état, attire toutes sortes de poissons, notamment de beaux poissons aux reflets bleutés, des poissons tigrés à bandes jaunes et noires et des poissons minuscules (1 ou 2 cm) se déplaçant avec un bel ensemble en ban de plusieurs milliers. Un peu plus loin, nous avons été déposés sur un haut fond, un ban de sable sous trente centimètres d'eau à bonne distance de toute côte. Nous avions l'impression d'être des petits Moïse marchant sur l'eau... Nous avons bien sûr regretté de ne pas pouvoir nous approcher, à l'occasion de cette petite virée en mer, de l'épave du ferry San Blas, prisonnière précisément d'un haut-fond depuis huit mois et qui dresse sa carcasse rouillée à quelques encablures à peine de notre île.
Debout loin de toute côte
À genoux
La journée s'est terminée, comme hier, à lire dans un hamac jusqu'au coucher de soleil et à déguster une demi-langouste prélevée dans le vivier.
Livraison de langoustes qui vont rejoindre le vivier avant de connaître un sort funeste.
Nous avons fait la connaissance à table d'une Uruguayenne travaillant pour une ONG de développement. Elle tente d'accompagner le développement du tourisme aux San Blas. Pour l'instant, les habitants ont un peu une mentalité de rentiers. La manne financière est là, mais le rapport qualité/prix se détériore et les touristes pourraient se lasser à la longue, d'autant qu'une autre forme de tourisme concurrentielle progresse, la location de catamarans avec skipper et cuisinier pour une durée déterminée et qui proposent un cabotage d'île en île.
Au cours de la discussion à bâtons rompus, elle nous a indiqué que les autorités panaméennes n'avaient aucune compétence sur le territoire de la comarca, mais que les Gunas étaient représentés au Sénat panaméen. Tout bruit de moteur sur l'eau de nuit était suspect, car les Gunas n'avaient pas de droit de naviguer la nuit. En revanche, les trafiquants de drogue colombiens ne s'en privaient pas. Concernant plus généralement la sécurité dans le pays, elle a évoqué les trafics d'êtres humains et mentionné le Mexique comme étant le premier pays dans ce domaine.
Bière locale (Panamà ou Balboa) au coucher de soleil











Très beau hamac, le monsieur à lunettes de soleil qui y sirote sa bière n'est pas mal non plus.
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