dimanche 12 février 2017

11 février 2017 (Puerto Viejo / Cahuita / Puerto Viejo)

Quelle que soit la chambre du bungalow, on a l'impression, en laissant les volets ouverts, de s'endormir à la belle étoile et de se réveiller au milieu des arbres... Il y a toutefois quelques précautions à prendre à vivre ainsi au cœur d'un jardin tropical (donc humide) : bien fermer la cuisine et ranger les aliments pour ne pas tenter nos amis les singes, conserver le sucre au réfrigérateur, bien fermer les salières en principe hermétiques...

   Petit-déjeuner sur la terrasse et un échantillon de son environnement végétal et floral





Après un petit-déjeuner à base de papaye, d'ananas et de banane, nous sommes partis à la découverte des réserves naturelles du coin en bus local. Les horaires des transports en commun doivent toutefois être maniés avec précaution car les retards sont monnaie courante. Las d'attendre un bus qui tardait à arriver, nous avons fait du stop pour rejoindre Puerto Viejo à 2,3 km. Nous avons été pris en charge rapidement par un Canadien d'origine américaine qui passe, comme de nombreux Nord-américains, six mois par an au Costa Rica et nous a expliqué que les Américains, contrairement aux Européens, boudaient la côte Caraïbe, ce que nous avions observé, car elle n'était pas assez... américanisée. Pas de fastfoods ! Pas de chaînes de magasins auxquels ils sont habitués !

    Attente du bus pour Cahuita

Un bus nous a emmenés depuis Puerto Viejo jusqu'à Cahuita (à 16 km), une petite cité très tranquille que nous avions traversée hier. Son site accueillit dès 1750 des chasseurs de tortues parlant anglais venant du Panamà et des Indiens Miskitos venant du Nicaragua. Cahuita signifie d'ailleurs dans leur langue "lieu où poussent les sangrillos" (une des espèces d'arbres tropicaux qui poussent ici). Les premiers ont établi sur la côte des campements provisoires, sept mois par an, de mars à septembre. En complément de leur activité de chasse, ils se sont mis à pratiquer quelques plantations pour leur propre consommation. La famille de William Smith, un Afro-caribéen venant du Panamà, fut la première à s'établir à titre permanent en 1828 au lieu-dit Punta Cahuita (aujourd'hui en zone protégée). La communauté villageoise consolidée par l'arrivée de Jamaïcains, fut récompensée par le président Alfredo Gonzales Flores (1914-1917) pour avoir apporté une aide importante lors d'un naufrage et s'est vue octroyer, le 9 juillet 1915, un emplacement au lieu-dit "the Bluff", pour fonder un nouveau village, qui allait devenir Cahuita. Le village qui n'a été accessible par une route qu'en 1976, a reçu le statut de commune seulement en 2005. L'empreinte jamaïcaine y reste forte.

    L'interdiction ne vaut sans doute que pour le tabac...



Sa principale attraction est son Parque nacional créé en 1978. C’est le seul parc du pays géré en partie par la communauté et dont le droit d’entrée est laissé à l’appréciation de chaque visiteur. Il couvre 1 067 hectares sur terre, 22 400 hectares en mer et 600 de récifs coralliens. L’attrait principal du parc réside précisément dans ces récifs qui entourent la Punta Cahuita, mais qui seraient menacés par les sédiments (en provenance des bananeraies) et par les pesticides que dépose le río Estrella au nord de Cahuita. Pour nous, le centre d'intérêt était plutôt le sentier de sept kilomètres, qui prend naissance à l’extrémité sud du village, à l’endroit appelé Kelly Creek, et qui a été tracé dans la végétation tropicale, parallèlement à la plage de sable blanc, elle-même bordée de cocotiers. Il traverse par endroit des petits cours d'eau à gué et des marécages sur des passerelles en bois.




Nous avons commencé notre balade à 9h30 pour ne l'achever que près de trois heures plus tard. Alors que, pour nombre de visiteurs, le sentier n'est que le moyen d'accéder à des plages agréables pour s'y baigner ou faire du surf, ou l'occasion d'une promenade de santé, pour nous (et tout de même pour quelques autres randonneurs photographes rencontrés en chemin), ce fut le plaisir d'observer la nature dans toute sa complexité, parfois son étrangeté, et d'exercer notre œil à repérer des animaux ou des insectes. Nous avons ainsi inscrit à notre palmarès de nombreux singes, dont un paresseux (ce qui n'est jamais facile car ce mammifère arboricole est souvent blotti au creux des hautes branches), des ratons laveurs vraiment peu farouches, des lézards de couleurs inhabituelles, des araignées posées délicatement sur leur toile, des petits crabes de cocotiers très rapides, des bernard-l'ermite très vifs et surtout deux serpents immobiles. L'un des deux installé sur le bord même du chemin, se confondait parfaitement avec son environnement de feuilles mortes. Nous ne l'aurions certainement pas vu si un guide ne nous l'avait pas signalé en nous encourageant à marcher au milieu du sentier pour éviter de telles rencontres...




















   Quand les fourmis s'attaquent à des feuilles et organisent une noria vers la fourmilière...

   .... ça donne ce résultat !

    La grosse araignée est la femelle, l'autre le mâle !


   Bernard-l'ermite

   Crabe de cocotier

   Le jeu consiste à repérer le serpent sur la photo...


Ayant mis deux heures à parcourir les deux premiers kilomètres (!), nous avons hâté le pas ensuite. Arrivés au bout du sentier, il restait encore 2,5 km de piste sans grand intérêt pour rejoindre l'arrêt de bus de Puerto Vargas, entre Puerto Viejo et Cahuita et il était déjà midi et demi. Nous avons apprécié de les faire dans la benne du pick-up d'un des agents du parc qui a bien voulu nous prendre en stop.


Un bus a fini par arriver et nous a déposés directement près de la finca, de sorte que nous avons pu grignoter sur notre terrasse et profiter un peu de notre maison et de son cadre reposant.

Nous avons tenu compte des consignes de prudence concernant les bains de mer dans le secteur. Les courants peuvent être très forts et vous éloigner de la côte. Ceci n'interdit toutefois pas de se baigner et de prendre plaisir à se faire rouler par les grosses vagues. Le bain prend ici l'allure d'un jacuzzi.

   Au large de Playa Cocles

Nous avons pu attraper à 18h30 le dernier bus assurant la liaison Manzanillo-Puerto Viejo pour dîner. La petite cité qui, sur les vieilles cartes de pirates, apparaît sous le nom de Old Harbour (Vieux Port), est au fil des ans devenue très cosmopolite. Ne comptant aucune construction en hauteur, elle n'a pas perdu son aspect "gros village". Elle connaissait, à notre arrivée, l'animation d'un samedi soir. Les terrasses de restaurants et de bars, éclairées de guirlandes lumineuses, attirent touristes et autochtones. Les magasins et les marchands ambulants offrent une gamme variée de souvenirs et de produits de l'artisanat local. 



Nous avons dîné vers 19h (un horaire tout à fait normal ici) dans un restaurant qui avait les faveurs du Guide du routard et du Lonely PlanetStashu's con fusion. L'établissement a le mérite de marier les saveurs de cuisines différentes. Notre plat associait ainsi, façon thaïe, du poisson et des crevettes dans une sauce aux agrumes, cacahuètes, citronnelle et gingembre, accompagné de riz blanc. Excellent surtout accompagné d'un daïquiri au fruit de la passion ou d'un mojito !

Après un petit tour dans Puerto Viejo by night (la nuit tombe tôt, faut-il le rappeler), sur fond souvent de musique reggae, nous avons trouvé à louer deux vélos pour 24 heures, pour la modique somme de 6€ chacun. Cela nous a garanti ce soir notre retour à la finca et nous assure notre autonomie de mouvement toute la journée de demain dès l'aube et jusqu'à l'heure du dîner. Ce faisant, nous avons rejoint la cohorte des cyclistes et des piétons qui se déplacent la nuit sur le bord de la chaussée, sans lumière bien évidemment... En fait ce n'est pas tant en vélo tout au long des 2,3 km parcourus sur la chaussée que nous avons couru le plus de danger, mais en arrivant, quand une noix de coco s'est détachée de son palmier pour s'abattre juste à côté de nous dans un bruit mat. Trois à six kilos qui tombent de vingt-cinq mètres, ça peut faire du dégât... Frisson rétrospectif !




1 commentaire:

  1. Lire la description de votre dîner quand pour moi il est 19 h , c'est être assurée d'avoir les papilles qui s'agitent ...... ����
    Un nouveau hamac pour Beneuvre ?
    Ak

    RépondreSupprimer

Merci de nous encourager avec un petit commentaire...