samedi 4 février 2017

3 février 2017 (Montezuma / Monteverde)

Les singes hurleurs nous ont offert en seconde partie de nuit un concert polyphonique dont je me serais bien passé (Olivier, lui, a le sommeil profond !). Mais on ne peut pas tout avoir : vivre en symbiose avec la nature et ne pas avoir quelques désagréments...

Nous avons pris congé de notre hôte haut en couleur, peu avant 9 heures pour nous diriger vers Puerto Paquera à 45 km pour prendre un ferry à 11 heures à destination de Puntarenas, ville située à près de 100 km à l'ouest de San José de Costa Rica. Jusqu'à Puerto Paquera, la route traverse des paysages variés : forêts, pâtures et cultures variées. La présence de nombreux manguiers m'a fait penser inévitablement au Mali.

    En passant nous avons voulu voir à quoi ressemblait de jour la Playa de los Artistas...




La traversée du golfe de Nicoya a permis au conducteur de souffler. Les rivages longés très verdoyants, donnent l'impression d'être inhabités. La température extérieure dépassait 35 degrés. La chaleur s'est faite sentir en l'absence de vent. Deux empanadas ont suffi pour tromper la faim.

   Notre ferry (un format très supérieur à celui d'Ometepe !)


    Le ferry jumeau 

Fondée en 1814, Puntarenas, capitale provinciale (près de 100 000 habitants), est surtout réputée pour son (ancien) port. On avait même construit au XIXe siècle un chemin de fer entre le port et la Vallée centrale pour acheminer les marchandises. On peut en voir encore les rails. À la fin du XXème siècle, c'était une station balnéaire à la mode. Mais la construction par les Japonais d’un port moderne à Puerto Caldera (à 20 km au sud) a commencé à polluer les eaux et les plages. Ce projet a eu raison de l’écotourisme dans cette zone. Etablie sur une étroite langue de terre parallèle à la côte, Puntarenas – dont le nom signifie « pointe de sable » – paraît petite avec ses quatre cuadras de largeur. De l’avenue centrale qui mène jusqu’au terminal des ferries, on aperçoit la mer à tous les coins de rue. Si la ville perdaient ses ferries, un coup sérieux sinon fatal, lui serait porté.

Nous avons rattrapé l'Interaméricaine, cet axe sensé être l'épine dorsale du trafic routier à travers l'Amérique centrale et qui passe par la capitale. Réduite à deux voies, elle est complètement inadapté au trafic, notamment des gros semi-remorques et des bus qui l'empruntent dans les deux sens. En plus, elle n'est pas en bon état. Nous l'avons quitté avec soulagement pour une route mieux entretenue et plus paisible, mais les vingt derniers kilomètres pour atteindre Monteverde sont de nouveau une piste caillouteuse qui est une véritable saignée à travers la montagne.

Paradoxalement, les autochtones semblent se satisfaire de cette piste pour préserver leur forêt de la déforestation et leur mode de vie. On sent l'empreinte du groupe de Quakers de l’Alabama qui s'est installé dans cette région dans les années 70 et fut à l’origine des fermes laitières de la réserve biologique de Monteverde. Aujourd’hui, cette région qui regroupe Santa Elena, Cerro Plano et Monteverde, attire les touristes à la recherche de sites naturels et... d'émotions fortes. 

Nous avions choisi de nous loger au Monteverde Inn qui a sa propre réserve naturelle, Valle Escondido Preserve, accessible gratuitement à tous ses clients. Arrivés vers 14 heures, nous avons pris plaisir à sillonner le réseau des sentiers et des escaliers bien entretenus qui offrent des points de vue magnifiques sur la chaîne montagneuse, le golfe de Nicoya dans le lointain et une cascade. Le randonneur passe au pied de deux grands ficus et peut se reposer dans les hamacs du Hammock Gardens. 








   Hammock Gardens


Nous avons eu la chance d'observer tout une colonie de coatis, ces petits mammifères nonchalants, pacifiques et peu farouches. Malheureusement, c'est le moment qu'a choisi l'appareil photo (celui qui a pris un bain forcé) pour s'enrayer...

   Coati (seule photo !)

Le coucher de soleil a été à la hauteur de nos espérances et nous avons enchaîné avec une sortie nocturne avec un guide de l'hôtel pour observer la faune, la nuit en empruntant les sentiers pris dans l'après-midi. Un vent frais soufflait en rafales. Sans l'œil exercé du guide et même munis de nos lampes électriques, nous serions passés à côté de tout ce qu'il nous a fait découvrir. Deux mammifères un Central American Agouti (Agouti ponctué) et un Bushy-tailed Olingo (Olingo commun) n'ont pas paru dérangés par le faisceau de nos torches, pas plus que les grenouilles dont il existe plus de cent variétés mais huit seulement sont toxiques. Nous avons pu observer des oiseaux, notamment un jeune toucan, dormir sur des branches hautes. Le guide nous a expliqué qu'ils adoptaient une posture que leur permettait (en principe) de détecter l'approche d'un serpent. Côté chauves-souris, le Costa Rica serait le 2ème pays au monde derrière l'Australie (l'échelle n'est pas la même) par la diversité des espèces. Nous avons pu également voir différents insectes dont certains d'aspect anodin ont un venin qui peut être mortel. Nous avons aussi vérifié que les fourmis ne s'arrêtaient jamais de travailler. Elles ne connaissent pas les 35 heures ! En écartant deux ou trois feuilles mortes, le guide a fait apparaître, plaqué contre une racine, un minuscule scorpion phosphorescent !


   Oiseau vigilant pendant son sommeil !




De retour vers 19h30, nous avons dîné "chez nous" de victuailles achetées en fin de journée, car nous avions prévu que nous aurions le flemme de ressortir !


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