Après avoir abandonné notre 4x4 sur un parking, nous avons traversé une rivière par un pont métallique un peu branlant et suivi un des itinéraires proposés, celui qui, pendant deux heures, avec un bon rapport coût financier/effort physique/intérêt de la balade (nouveau concept à creuser !) permet de découvrir une nature sauvage où arbres aux essences variées, plantes épiphytes, lianes, fougères semblent avoir inextricablement lié leurs destins. Le sentier traverse en particulier une coulée de lave de 1992. On constate aussi que vingt-cinq ans après, la nature a déjà bien repris ses droits. La chaleur et l'humidité ambiante y contribuent largement. Un point haut offre une belle vue sur la canopée et au loin le lac Arenal, à l'est du volcan, mais le sommet de celui-ci est resté invisible malgré des apparitions furtives du soleil.
Même les feuilles sont recouvertes de lichen...
Une plante nommée "serpent à sonnettes"
Nous avons eu la chance de croiser la route de deux animaux inconnus de nos contrées, une grosse volaille, appelée grand hocco (great curassow), qui s'est difficilement laissée photographier, et un mammifère plus compréhensif, appelé coati à nez blanc, proche du raton laveur, qui a dodeliné un bon moment devant nous sur le chemin.
Grand hocco
Élément précurseur sur le sentier
Le même coati à nez blanc qui nous observe
Élevage sur ancienne champ de lave
Une pluie diluvienne s'est mise à tomber au moment où nous rejoignions la voiture. Nous avons trouvé refuge pour déjeuner dans un petit restaurant tenu par un jeune couple sympathique, dans un village proche, El Castillo (un nom répandu en Amérique centrale visiblement), La Ventanita de Kelly, dont la réputation en matière de burritos n'est pas surfaite. Nous en garderons un souvenir ému.
Gâteau d'anniversaire !
Nous avons passé une bonne partie de l'après-midi au Butterfly Conservatory qui s'inscrit dans un projet plus vaste de régénération de la forêt humide (Rainforest regeneration project). Nous avons approfondi notre connaissance du monde des lépidoptères. Pour certaines variétés, douze jours seulement s'écoulent (en moyenne) entre le moment où un œuf est pondu, où la larve se développe, où la chrysalide se forme et où le papillon prend son envol avant lui-même de pondre son premier œuf !
Un papillon dont la stratégie de survie est d'être quasi transparent
Celui-ci a deux têtes, l'une fausse dess sur ses ailes (en haut), pour tromper les prédateurs
Le Morpho, papillon symbole du Costa Rica
Un papillon posé sur un autre...
Se reproduisant en milieu clos, sans avoir à affronter de prédateurs, les papillons du Conservatoire ne sont pas farouches et n'hésitent pas à se poser sur les visiteurs. Nous ne nous étions jamais trouvés au milieu d'une telle nuée de papillons aux couleurs très variées en bénéficiant des explications de jeunes bénévoles passionnés.
Décoré de l'ordre du papillon costaricain !
Un autre pavillon nous a réservé la surprise de nous faire découvrir un monde de grenouilles. Certaines réussissent, telles des salamandres, à se fondre dans la végétation. Nous avons surtout enfin pu voir de près la minuscule grenouille rouge venimeuse, dont les Indiens tiraient le poison dont ils enduisaient leurs fléchettes !
Technique de dissimulation parfaite (la feuille à été retournée pour la photo)
La minuscule "grenouille des fraises" que les Indiens gardaient en captivité pour utiliser son venin
Le Conservatoire comprend aussi un parc où on peut identifier certains arbres et surtout certaines fleurs que nous rencontrons dans la nature ou dans des jardins depuis notre arrivée en Amérique centrale.
La Fortuna et ses environs vivent avec une épée de Damocles sur la tête (le volcan Arenal a connu au cours du siècle dernier plusieurs éruptions violentes et meurtrières) mais pour l'heure en tirent un profit maximum : développement hôtelier avec des prix adaptés aux budgets des Américains du Nord, nombreux bars, cafés et restaurants, multiplication des réserves naturelles privées d'accès payants, auxquelles on greffe le préfixe "éco" pour faire mode et pratiquer des prix élevés, offre importante de loisirs de plein-air à adrénaline et surtout aménagement de la moindre petite source thermale. Cette surexploitation mercantile du patrimoine "naturel" nous fait penser à la région de Rotorua en Nouvelle-Zélande, visitée il y a tout juste un an.
Nous en avons essayé un établissement, EcoTermales, à la nuit tombante et à la nuit tombée, qui passe pour un des plus intégrés au site et des mieux aménagés en terme de sobriété (là encore, on s'est adapté aisément aux goûts souvent kitsch des Américains !). Ce fut un moment de grande détente dans un cadre enchanteur.
Nous avons dîné dans un restaurant bien côté sur TripAdvisor, La Marisqueria de Snapper's House, alors qu'une pluie diluvienne s'était remise à tomber après une accalmie qui nous avait permis d'apprécier pleinement notre bain nocturne. Là encore, excellente cuisine locale : ceviche péruvien, riz aux fruits de mer (version locale de la paella) et mahi-mahi à la méditerranéenne.
Quelques lignes encore pour signaler que nos incursions dans les supérettes locales nous familiarisent avec des légumes que l'on ne trouve pas sur les étals de nos marchés. Nous avons trouvé aussi une version costaricaine du rompope, liqueur mexicaine préparée à partir de jaune d'œuf, de vanille, cannelle, amande moulue, lait de vache, sucre et alcool (4pc). Pas mauvais du tout !
Chayote cocoro, Camote
























































