mardi 31 janvier 2017

30 janvier 2017 (La Fortuna / El Castillo / La Fortuna)

Le plafond nuageux était très bas au réveil et augurait mal de la suite de la journée. Pourtant, nous avons dans l'ensemble réussi à nous jouer des aléas climatiques. Quelques kilomètres de piste après être sortis de La Fortuna nous ont conduits au pied du volcan dans un secteur couvert d'une forêt humide tropicale très dense.

Après avoir abandonné notre 4x4 sur un parking, nous avons traversé une rivière par un pont métallique un peu branlant et suivi un des itinéraires proposés, celui qui, pendant deux heures, avec un bon rapport coût financier/effort physique/intérêt de la balade (nouveau concept à creuser !) permet de découvrir une nature sauvage où arbres aux essences variées, plantes épiphytes, lianes, fougères semblent avoir inextricablement lié leurs destins. Le sentier traverse en particulier une coulée de lave de 1992. On constate aussi que vingt-cinq ans après, la nature a déjà bien repris ses droits. La chaleur et l'humidité ambiante y contribuent largement. Un point haut offre une belle vue sur la canopée et au loin le lac Arenal, à l'est du volcan, mais le sommet de celui-ci est resté invisible malgré des apparitions furtives du soleil.










    Même les feuilles sont recouvertes de lichen...


    Une plante nommée "serpent à sonnettes"


Nous avons eu la chance de croiser la route de deux animaux inconnus de nos contrées, une grosse volaille, appelée grand hocco (great curassow), qui s'est difficilement laissée photographier, et un mammifère plus compréhensif, appelé coati à nez blanc, proche du raton laveur, qui a dodeliné un bon moment devant nous sur le chemin.

    Grand hocco

   Élément précurseur sur le sentier

   Le même coati à nez blanc qui nous observe

   Élevage sur ancienne champ de lave

Une pluie diluvienne s'est mise à tomber au moment où nous rejoignions la voiture. Nous avons trouvé refuge pour déjeuner dans un petit restaurant tenu par un jeune couple sympathique, dans un village proche, El Castillo (un nom répandu en Amérique centrale visiblement), La Ventanita de Kelly, dont la réputation en matière de burritos n'est pas surfaite. Nous en garderons un souvenir ému.


   Gâteau d'anniversaire !

Nous avons passé une bonne partie de l'après-midi au Butterfly Conservatory qui s'inscrit dans un projet plus vaste de régénération de la forêt humide (Rainforest regeneration project). Nous avons approfondi notre connaissance du monde des lépidoptères. Pour certaines variétés, douze jours seulement s'écoulent (en moyenne) entre le moment où un œuf est pondu, où la larve se développe, où la chrysalide se forme et où le papillon prend son envol avant lui-même de pondre son premier œuf ! 

    Les chrysalides


    Un papillon dont la stratégie de survie est d'être quasi transparent

    Celui-ci a deux têtes, l'une fausse dess sur ses ailes (en haut), pour tromper les prédateurs


    Le Morpho, papillon symbole du Costa Rica


    Un papillon posé sur un autre...

Se reproduisant en milieu clos, sans avoir à affronter de prédateurs, les papillons du Conservatoire ne sont pas farouches et n'hésitent pas à se poser sur les visiteurs. Nous ne nous étions jamais trouvés au milieu d'une telle nuée de papillons aux couleurs très variées en bénéficiant des explications de jeunes bénévoles passionnés.


   Décoré de l'ordre du papillon costaricain !

Un autre pavillon nous a réservé la surprise de nous faire découvrir un monde de grenouilles. Certaines réussissent, telles des salamandres, à se fondre dans la végétation. Nous avons surtout enfin pu voir de près la minuscule grenouille rouge venimeuse, dont les Indiens tiraient le poison dont ils enduisaient leurs fléchettes !


    Technique de dissimulation parfaite (la feuille à été retournée pour la photo)

    La minuscule "grenouille des fraises" que les Indiens gardaient en captivité pour utiliser son venin

Le Conservatoire comprend aussi un parc où on peut identifier certains arbres et surtout certaines fleurs que nous rencontrons dans la nature ou dans des jardins depuis notre arrivée en Amérique centrale.








La Fortuna et ses environs vivent avec une épée de Damocles sur la tête (le volcan Arenal a connu au cours du siècle dernier plusieurs éruptions violentes et meurtrières) mais pour l'heure en tirent un profit maximum : développement hôtelier avec des prix adaptés aux budgets des Américains du Nord, nombreux bars, cafés et restaurants, multiplication des réserves naturelles  privées d'accès payants, auxquelles on greffe le préfixe "éco" pour faire mode et pratiquer des prix élevés, offre importante de loisirs de plein-air à adrénaline et surtout aménagement de la moindre petite source thermale. Cette surexploitation mercantile du patrimoine "naturel" nous fait penser à la région de Rotorua en Nouvelle-Zélande, visitée il y a tout juste un an.

Nous en avons essayé un établissement, EcoTermales, à la nuit tombante et à la nuit tombée, qui passe pour un des plus intégrés au site et des mieux aménagés en terme de sobriété (là encore, on s'est adapté aisément aux goûts souvent kitsch des Américains !).  Ce fut un moment de grande détente dans un cadre enchanteur.


Nous avons dîné dans un restaurant bien côté sur TripAdvisor, La Marisqueria de Snapper's House, alors qu'une pluie diluvienne s'était remise à tomber après une accalmie qui nous avait permis d'apprécier pleinement notre bain nocturne. Là encore, excellente cuisine locale : ceviche péruvien, riz aux fruits de mer (version locale de la paella) et mahi-mahi à la méditerranéenne.

Quelques lignes encore pour signaler que nos incursions dans les supérettes locales nous familiarisent avec des légumes que l'on ne trouve pas sur les étals de nos marchés. Nous avons trouvé aussi une version costaricaine du rompope, liqueur mexicaine préparée à partir de jaune d'œuf, de vanille, cannelle, amande moulue, lait de vache, sucre et alcool (4pc). Pas mauvais du tout !

   Chayote verde, sazón, quelite 

   Camote, Nampi, Tiquisque

    Chayote cocoro, Camote


dimanche 29 janvier 2017

29 janvier 2017 (Boca de Sabalos / San Carlos / La Fortuna)

PLe Nicaragua, c'est fini. Le premier chapitre de notre voyage en Amérique centrale est refermé. Un pays pauvre, un pays attachant ! Une population sereine, décontractée, mais d'une grande religiosité ! Aucune hostilité à l'égard des étrangers, au contraire ! Des paysages variés ! Un tourisme encore peu développé, plus adapté à une mentalité de routard qu'à celle des habitués d'un tourisme de masse ou à l'opposé d'un tourisme haut-de-gamme (les Allemands diraient "chicky-micky") ! Pour nous, un excellent souvenir !

   Dernier lever de soleil pour nous sur le río San Juan


   Derniers instants dans notre cabañas

   Nous avons pris congé de nos voisins immédiats


Le saint-patron des voyageurs a veillé sur nous toute la journée. Le "bateau de 10 heures", dont nous n'étions au départ pas sûr qu'il fonctionne le dimanche, nous a pris au pied du lodge. Après avoir remonté le cours du río San Juan, nous nous sommes faits déposer cinquante minutes plus tard au pied du Puente Santa Fe (pont construit il y a deux ans grâce à l'aide japonaise), évitant ainsi de devoir aller jusqu'à San Carlos et là, prendre un bus pour revenir sur nos pas et nous emmener jusqu'à la frontière avec le Costa Rica. Nous n'en étions plus alors qu'à 7,8 km. 


Il n'a pas fallu plus de dix minutes à attendre en rase campagne pour qu'une voiture nous prenne en charge, nous et nos bagages, pour une somme modique de 100 cordobas, de sorte que nous étions à la frontière à 11h15, bien plus tôt que nous le craignions.

   Nous étions vraiment en rase campagne...

Il a quand même fallu une heure, montre en main, pour franchir - à pied - les différentes étapes qui ponctuent les quelque 400 mètres du dispositif frontalier. Tous les bons apôtres qui prônent le rétablissement des frontières au sein de l'Union européenne, soit ne voyagent pas, soit ont oublié ce qu'est réellement une frontière, même entre deux pays en paix ! Et encore, nous nous en sommes très bien tirés...

   Entrée du dispositif côté nicaraguayen

   Attente pour obtenir le feu vert pour quitter le territoire nicaraguayen et s'acquitter de la taxe de départ...

   Feu vert nicaraguayen obtenu, direction la police des frontières et les douanes costaricaines...

Nous voici donc au Costa Rica, pays de 5 millions d'habitants avec comme monnaie, le colón. Saint-Christophe (puisqu'il s'agit de lui, même si d'autres saints lui disputent le titre) a continué de nous accompagner en faisant en sorte qu'un bus soit en attente de départ à la frontière à destination de Florencia, à 98 km, ville où nous devions avoir une correspondance à l'horaire incertain à destination de La Fortuna.

   Attente avant le départ du bus

   La boisson est souvent vendue de chaque côté de la frontière dans des petits sacs en plastique !

Il a pris la route à 12h45, nous a fait traverser une région tantôt vallonné, tantôt plate, vouée pour l'essentiel à la culture de la canne à sucre et à la production d'ananas. Un véritable omnibus avec des posadas officiels, mais surtout pas mal d'arrêts à la demande... Une "pause santé" à 14h à Santa Rosa a été particulièrement bienvenue, car le petit-déjeuner de 7h était déjà bien lointain. Olivier a eu le temps de nous trouver deux empeñadas (des chaussons à la farine de maïs, farcis de morceaux de poulets et de légumes) et quelques gâteaux secs à titre d'en-cas.

   Paysage valonné et application souple des règles du code de la route

En arrivant à Florencia, le bus pour La Fortuna était sur le côté opposé de la route et sur le point de partir quand nous avons débarqué. Son chauffeur a bien voulu attendre quelques instants que je récupère nos bagages dans le coffre du premier car et que je les transfère dans le second. 35 km nous séparaient de notre destination, une petite ville de la province d'Alejuela, au pied du volcan Arenal. Les bananeraies ont remplacé la culture de la canne à sucre dans le paysage.

   Au détour de la route, première apparition du volcan Arenal

Défi relevé, nous étions à La Fortuna à 16h, soit six heures après avoir quitté le Sabalòs Lodge, (distant d'à peine 100 km à vol d'oiseau...) avec en toile de fond, le volcan Arenal (cordillère de Tilaràn), imposant avec ses 1720 mètres d'altitude et étonnant par sa forme conique parfaitement symétrique (sa dernière éruption date de 2010). Nous étions tout à fait dans les temps pour récupérer auprès de l'agence Adobe notre véhicule de location, une Kya 4x4, et nous installer pour deux nuits dans un appart'hôtel confortable, Fortuna Rooms.

Nous avions assez bougé dans la journée. Après avoir fait quelques courses, nous avons préféré profiter de notre cuisinette et de notre terrasse pour dîner et mettre à jour le blog, quasiment interrompu pendant trois jours en raison du trop lent débit d'Internet au Sabalós Lodge.