
Sebaco
La voiture restituée, nous nous sommes rendus dans la partie de l'aérogare dédiée aux vols intérieurs. Elle se compose d'une première pièce où on dépose les bagages en soute (pas de tapis roulant ici, un simple chariot), où on reçoit un titre d'embarquement et où on acquitte une taxe d'aéroport, et d'une salle d'attente unique, de dimensions modestes. La compagnie nationale "la Costena" n'exploite que quelques avions à hélice (Cesna et ATR). Certaines destinations ne sont desservies que deux fois par semaine.
Notre ATR42 a décollé pour Big Corn Island avec un peu de retard, vers 11h15. Il a fait une brève escale à Bluefields trois quarts d'heure plus tard et s'est posé sur le petit aéroport de Big Corn Island peu après 12h30.
Des taxis sillonnent l'île en permanence. Il suffit de les héler et les passagers se serrent pour faire un peu de place aux nouveaux venus. Les bagages s'entassent dans le coffre que bien souvent, le conducteur ne peut pas refermer...
En survolant la région de Bluefields et surtout en atterrissant sur « Grande Ile du Maïs », nous avons eu l'impression d'avoir changé de monde. L'île est couverte d'une végétation tropicale. Les zones marécageuses sont nombreuses, ce qui laisse craindre une prolifération de moustiques (mais nous sommes équipés). L'humidité est prégnante. Ce n'est pas étonnant quand on voit les trombes d'eau qui se sont succédé dans l'après-midi. Des Nicas du continent et des indigènes miskitos ont débarqué récemment, modifiant le paysage culturel, et la cohabitation avec la population locale noire (qui parle un créole à base d'anglais) n’est pas toujours des plus cordiales. Quand je vois les locaux déambuler une machette à la main, cela me rappelle la Nouvelle-Calédonie.
Le temps peut changer d'une minute à l'autre...
Heureusement, il y a eu de très belles éclaircies qui nous ont permis de faire une partie du tour de l'île à pied. L'habitat a tout du bidonville, mais les masures sont bien sûr équipées d'antennes paraboliques. L'île - notamment la partie côtière - est un champ d'immondices, de nombreux bâtiments sont en ruines, des épaves de bateaux pourrissent lentement. Les habitants vivotent de la pêche (notamment le homard qui est exporté) et d'un tourisme de routards. Les petits hôtels très rustiques sont le fruit d'initiatives privées. Il n'y a visiblement aucune politique publique de développement touristique. Cela a son charme, mais a aussi des limites. Bref, notre première impression est plutôt mitigée.
Restent la couleur de l'eau - turquoise - quand il fait beau, la température de l'eau et la nonchalance reposante qui règne ici. Olivier a exploré les fonds marins situés en face de notre hôtel Big Fish. Il a pu observer une raie pastenague (stingray). J'ai opté rapidement pour une activité plus sédentaire et achevé la lecture des "Souvenirs d'un indien des bords du fleuve". Nous avons dîné sur place. De toute façon, la vie nocturne est limitée et les restaurants ferment tôt. Par ailleurs, n'étant pas "dans mon assiette", je n'ai pas traîné...














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