samedi 14 janvier 2017

13 janvier 2017 (León - Estelí - Somoto)

Nous aurions bien prolongé le séjour à León et à l'hôtel Mariposa. La ville est à échelle humaine et animée. La présence d'une université lui donne un coup de jeune. En quarante-huit heures, nous y avions déjà pris des habitudes. Quant à l'hôtel, il était très agréable et le bungalow bien conçu et confortable.


Inutile de dire que, dans de telles circonstances, nous nous sentons loin de tout ce qui fait l'actualité en France en ce moment et que seuls les gros titres du Monde nous informent du froid qui sévit actuellement, du déroulement du premier débat des primaires socialistes et de l'ouverture du sommet Afrique-France.


Nous avons mis le cap vers le nord-est du pays en marquant un premier arrêt à San Jacinto pour voir les boues en ébullition. Dans ke genre, nous avons vu mieux sous d'autres latitudes, mais le phénomène est toujours curieux à observer. Le site est géré par la communauté villageoise qui perçoit une petite dîme, un complément de ressources appréciable ! Les gamins qui veulent jouer les guides, sont un peu envahissants, mais ne quémandent pas.


    "scène de rue" à San Jacinto





Nous sommes arrivés à Esteli, troisième ville du Nicaragua, chef-lieu de province qui compte environ 112 000 habitants, vers 12 heures 30. La ville ne semble pas présenter d'intérêt patrimonial particulier. La principale activité économique tourne autour du tabac. On y fabrique des cigares réputés. C'est une ville commerçante. Elle est surtout connue comme bastion sandiniste au moment de la guerre civile contre les contras. Elle le reste à en juger par le nombre de portraits du Président Ortega et de son épouse Rosario, et de slogans en leur faveur.




   "panneau électoral" du Front sandiniste de libération nationale



   Fresques en ville sur la révolution sandiniste


Nous avons déjeuné rapidement dans un restaurant cubain, Rincon Pinareño, d'un sandwich... cubain avant de ressortir de la ville pour nous lancer dans l'inconnu. Olivier, en consultant différents blogs, avait découvert qu'un vieux sculpteur vivait en ermite dans un coin perdu. Une piste pouvait nous mener à lui, mais nous en ignorions l'état et notamment si elle était praticable par notre petite berline. Nous nous sommes aventurés prudemment, avons parcouru non sans peine six kilomètres de piste avant de décider de finir à pied par précaution et pitié pour les amortisseurs de la voiture. Il nous restait tout de même, carte en main, environ trois bons kilomètres à parcourir sur la piste et dans des petits sentiers pour atteindre notre objectif, la finca El Jalacate.



Nous avons été récompensés. Nous avons atteint la cabane à claire voix dans laquelle vit l'artiste. Don Alberto Gutierrez Jiron est un vieux paysan célibataire à la barbe blanche et au physique d'ermite. Il nous a accueillis sur le pas de sa porte avec un large sourire, nous a fait signer son registre de visiteurs, et nous a invités à découvrir ses oeuvres par nous-mêmes. Un sentier court dans la forêt et à flanc de collines. Les rochers sont sculptés directement in situ de scènes ou de personnages d'inspiration religieuse ou profane. Certains ont été peints. Des bancs sommaires jalonnent le parcours pour prendre le temps d'apprécier les oeuvres. Un panneau indique que l'artiste se serait mis au travail très précisément le 16 juillet 1988. A 77 ans, il continue de sculpter. Nous avons eu droit à une petite démonstration de sa manière de procéder. Il vit visiblement chichement, mais n'a pas rechigné quand Olivier lui a glissé dans la main un billet de 100 cordobas en prenant congé de lui.



    Don Alberto, l'ermite sculpteur



    L'affleurement rocheux que l'artiste a sculpté domine un paysage splendide...

    Des bancs sont disposés un peu partout pour admirer la vue



    Des emplacements sont prévus dans les sculptures pour de petites plantes


    L'artiste s'est représenté dans son activité

   Très fier de nous montrer un échantillon de sa production de café

    Démonstration de sa technique


Après avoir retrouvé la route goudronnée, nous avons mis le cap sur Somoto à une centaine de kilomètres et établi nos pénates à l'hôtel Huaca Yaran vers 18 h 15. Nous avons dîné dans un comedor tout à fait typique et qui, outre des autochtones, doit auusi avoir les faveurs de routard, mais ce soir nous étions les seuls étrangers...


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de nous encourager avec un petit commentaire...