jeudi 26 janvier 2017

25 janvier 2017 (Granada / Masaya / Catarina / San Juan de Oriente / Laguna de Apoyo / Granada)

Nous nous sommes intéressés aujourd'hui aux environs de Granada.

   exemple de pollution fréquent sur les routes

Masaya dont les habitants sont encore parfois surnommés comeyuca (ceux qui mangent beaucoup de yuccas !) est le  le chef-lieu du département le plus petit mais le plus peuplé du pays. La cité, endommagée par un tremblement de terre en 2000, est réputée pour ses marchés. Le plus folklorique est le marché qui draine la population de tous les alentours. C'est un dédale d'échoppes et d'étals où l'on trouve de tout, mais énormément de fruits et légumes produits dans la région. Nous avons été étonnés par la diversité des riz proposés à la vente, une bonne douzaine de sortes avec un prix moyen de 0,70 € le kg. On ne se lasse pas d'observer les femmes qui souvent portent un surprenant tablier à frou-frou, confectionner dans de grands plats des mets traditionnels comme le baho ou le vigoròn, éplucher soigneusement des légumes et les découper en cubes pour les vendre dans des petits sacs en plastique. Les marchands de glace sur leurs triporteurs sillonnent les alentours et agitent leur batterie de clochettes. Olivier a trouvé son bonheur, en l'occurrence une casquette à 3€ (!) pour remplacer une énième casquette perdue. Le marché des deux-roues est florissant. On peut se procurer une moto 125 cm3 pour la modique somme de  800 € (importante pour un autochtone).
















    Baho 




Une pause dans un troquet du marché a été l'occasion d'étoffer notre vocabulaire es-fruits et légumes et de diversifier nos connaissances en matière de cocktails sans alcool.

L'autre grande attraction de Masaya est son marché artisanal installé dans l'ancien marché municipal qui a l'allure d'une forteresse. Détruit par deux incendies, en 1966 puis en 1978, il a été reconstruit entre 1992 et 1997. Les touristes peuvent y trouver un grand choix de céramiques et de hamacs de toutes tailles et de toutes couleurs.  


    Fresque représentant notamment le vieux marché de Masaya

Nous avons (enfin) pu déguster un vigorón, le plat à base de yucca, de choux et de peau de porc bien croustillante, et boire la boisson locale par excellence, un triste, à combinaison de maïs et de cacao.

   Vigorón

Après ces agapes, nous nous sommes intéressés aux Pueblos blancos. Les « villages blancs » se situent au sud de Masaya. Rien à voir avec les villes et villages blancs d'Andalousie. Ici, seules les églises sont blanches. Nindirí, à quelques kilomètres de Malaya, ne présente pas un intérêt majeur. Catarina, en revanche, s'est spécialisée dans l'horticulture et les décorations très kitsch de jardin (animaux en tous genres et de toutes tailles, insectes, champignons de toutes les couleurs etc.).

    le distributeur bancaire est bien gardé

Le village domine le lac volcanique de Apoyo, (improprement) appelé Laguna de Apoyo. Son mirador (observatoire, point de vue) embrasse l'ensemble du lac. On voit nettement se détacher sur la droite le volcan Mombacho et au loin, Granada semble minuscule. L'église coloniale de style baroque édifiée au XVIIe siècle était malheureusement fermée, mais le parc central vaut aussi le coup d'œil tellement il est kitsch. 

San Juan de Oriente est connu pour ses céramiques. Cet art remonte aux temps précolombiens. Le village fut un foyer de peuplement chorotega et était surnommé autrefois "San Juan de los Platos" ("San Juan des plats"), en raison des innombrables céramiques rustiques qu’on y produisait. Après quelque cinq cents ans de disette, le village a connu un nouvel essor à partir de1978 et après la révolution sandiniste. Une association de 11 artisans fut créée (Artesanos Unidos), qui aujourd’hui a fait école. L'un d'eux avec beaucoup de gentillesse et aussi un brin de fierté nous a fait visiter son atelier et apporté toutes les explications que nous lui demandions. Nous aurions volontiers fait l'acquisition d'une ou deux petites poteries, s'il n'avait pas fallu les transporter avec nous pendant un peu plus d'un mois.


Nous sommes descendus au bord du lac par une bonne route goudronnée. Le lac serait né d’une éruption volcanique, il y a environ 21 000 ans. Sa profondeur maximale serait de 400 m et son diamètre atteint 6 km de diamètre. Les eaux sont chaudes et légèrement salées, d'où sans doute l'appellation de lagune. Une végétation dense recouvre les flancs du cratère évasé. Elle est peuplée de singes hurleurs et de singes à tête blanche. On y a recensé au moins 145 espèces d’oiseaux. Le basalte utilisé par les indigènes pour la fabrication de leurs grandioses statues provient de ce cratère. 

Perdus au milieu de cette végétation, quelques petits hôtels accueillent des touristes à la recherche de calme et de nature. Un couple de Français qui a pas mal bourlingué en Amérique latine, a racheté l'un d'eux, la Casa Marimba, il y a sept mois. Nous nous sommes baignés sans le lac avant de passer un moment à discuter avec notre hôtesse de leur vie ici. Elle nous a confortés dans notre projet d'aller un jour visiter l'Argentine.


Plusieurs avis nous ayant conseillé d'aller dîner dans le restaurant Andrès près de l'église Xalteva, nous y sommes allés. Le cadre est agréable, le repas (ajo blanco et phô vietnamien au poissons) a été effectivement très bon, mais nous avons trouvé le prix... très parisien. Pour fêter notre dernière soirée à Granada, nous l'avons finie calle La Calzada devant un ultime mojito.


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