À défaut d'avoir la mer à notre porte, nous avons commencé par piquer une tête dans la piscine de l'hôtel et par prendre le petit-déjeuner sur la terrasse. Subodorant que j'aurai ma dose quotidienne de riz et de haricots rouges plus tard dans la journée, j'ai opté pour une formule plus classique à base d'œuf sur le plat, de corn flakes et de toasts.
Toutes les églises dont nous n'avions pas pu voir l'intérieur hier après-midi, étaient ouvertes ce matin. Même si la décoration intérieure change, elles sont sensiblement toutes bâties selon le même type de construction coloniale : une structure de poteaux en bois qui donne de la légèreté à la nef et aux bas-côtés, des plafonds en bois plus ou moins ornés de frises ou de fresques, des murs en dur. C'est tout à fait par hasard, en allant déjeuner au Taquezal Café dans une rue proche de la place centrale, que j'ai découvert, en m'intéressant au nom de l'établissement, que ce style de construction d'habitations, très répandu à León, était précisément appelé Taquezal !
Iglesia El Calvario
En fin de matinée, nous avons encore eu le temps de jeter un coup d'œil sur les ruines d'une autre église San Sebastián (dont il ne reste vraiment pas grand chose, sinon deux pans de murs protégés par un toit de tôle), détruite par les forces armées somozistes lors des combats livrés dans le quartier en 1979. N'ayant plus le temps de voir deux musées, nous avons renoncé à voir celui dédié à la révolution sandiniste situé en face des ruines et préféré voir le musée de la fondation Ortiz-Gurdian qui rassemble, dans deux maisons coloniales, une collection (modeste) de tableaux de peintres européens de différentes époques (mais tout de même un Braque et plusieurs Picasso), et des toiles représentatives de l'avant-garde latino-américaine qui ne me laisseront pas un souvenir indélébile.
Nous continuons à découvrir la cuisine locale. Après le ceviche de crevettes de Bertha, nous avons apprécié le ceviche de poissons du Taquezal Café accompagné de longues tajaditas de plátano (chips de bananes plantains) et les mêmes tajaditas servies avec un bol de pico de Gallo (un mélange de tomates, de poivrons et d'oignons coupés en dés, auquel on ajoute souvent du jus de lime ou du vinaigre de cidre, et de la coriandre fraîche hachée, mais toute fantaisie du style petits morceaux de crevettes, d'avocat, de concombre, de radis ou de fruits fermes comme la mangue est autorisée.). Nous gardons un souvenir ému du dessert appelé Tres leches, un gâteau baigné et/ou composé de trois types différents de lait : du lait entier (ou de la crème), du lait concentré non sucré et du lait concentré sucré, avec bien sûr ce qu'il faut d'œuf et de farine. Pas très "régime" ! Désolé, nous avons oublié de prendre ce dessert en photo...
Ceviche de poisson et de crevettes
Nous avons ensuite rejoint le siège de Maribios Tours, un tour operator, pour notre premier épreuve sportive des vacances, une excursion sur les pentes du volcan actif Telica de la cordillère des Maribios. Il culmine à 1 060 mètres d'altitude et sa dernière éruption remonte au 11 mai 2015. Nous avons embarqué, vers 14 h 30, avec cinq autres personnes, toutes de nationalité américaine, et une jeune guide nicaraguayenne, à bord d'un 4x4. Nous avons mis une demi-heure pour nous extraire des embouteillages et faire la première partie du parcours (une quinzaine de km de bonne route asphaltée). C'était le "pain blanc". La seconde partie du trajet (une vingtaine de km) est une méchante piste étroite, sablonneuse au début, complètement défoncée par la suite. 50 minutes de chaos, à être brinquebalé de droite et de gauche, à s'agripper comme on peut pour ne pas écraser ses voisins ! La piste traverse des paysages variés allant de forêts d'eucalyptus à des zones de maquis avec, çà et là, une habitation paysanne plus que précaire, je dirais plutôt sommaire, sans eau, ni électricité. Il faut bien deux heures à dos de cheval pour aller remplir et rapporter des bidons d'eau consommée avec parcimonie. En roulant, nous avons dû partager parfois la piste avec quelques bovins nonchalants.
Les meilleures choses ayant une fin, nous avons fini par arriver au pied du volcan. Un panneau indique que "nous entrons dans une zone dangereuse de volcan actif". Commence alors l'ascension dans un sentier rocailleux et une végétation qui se raréfie rapidement jusqu'à disparaître complètement. Après quelques minutes, un second panneau met en garde le marcheur sur le risque de projection de pierre ("zona de peligro por impacto de rocas volcánicas a partir de aqui"). Au bout d'une demi-heure d'ascension, notre groupe a atteint la partie la plus basse de lèvre de la caldera. Etonnant ! Après avoir passé un moment à admirer le point de vue sur la chaîne volcanique, nous nous sommes déplacés pour assister au coucher du soleil sur l'océan Pacifique, avant de revenir dans la pénombre au point de station précédent pour distinguer, à la faveur de la nuit tombée, au fond de la caldera, des points incandescents de lave en fusion. Nous avons également eu droit à un lever de pleine lune splendide.
Le plus pénible finalement de l'excursion restait à faire : regagner le véhicule dans les éboulis, sans glisser, se tordre la cheville ou tomber, à la lumière des seules lampes de poches... et bien sûr faire de nuit le parcours retour sur la fameuse piste...
Arrivés en ville, nous avons eu la surprise de voir que l'excursion comportait une expérience inédite, dîner dans un asado en plein air dans le quartier du marché situé près de l'ancienne gare. Cela ne nous aurait sans doute pas venu à l'idée, mais nous n'avons pas regretté l'expérience.
Après avoir été déposés près de notre voiture, nous avons terminé la journée par un jus de fruit glacé et avons retrouvé l'hôtel vers 21 heures en pleine panne électrique qui heureusement n'a pas duré. Nous avons pu ainsi nous plonger dans le blog...





















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