vendredi 20 janvier 2017

19 janvier 2017 (Little Corn Island / Big Corn Island)

Ouvrir un œil et voir le voile de la moustiquaire qui enveloppe chaque lit, faseiller doucement sous l'empire d'un petit zéphyr qui traverse la casita ouverte à tous les vents, alors que tout est calme au dehors, est un de ces petits bonheurs à ajouter à ceux vantés par Delerm. 

Comme hier, nous avons été les plus matinaux. Il n'y avait dans le campement encore aucun signe de vie lorsque nous avons piqué une tête dans la mer vers 7 heures, mis à part les chiens qui sont venus nous flairer, les dindons et les poules qui picoraient activement...

Après un copieux petit-déjeuner maison concocté par Olivier, nous avons encore profité de la terrasse et de la plage un bon moment avant de boucler nos valises, de prendre congé d'un couple de Québécois sympathiques avec lequel Olivier avait beaucoup bavardé, et d'emprunter vers 11h30 la même barque qu'avant-hier pour rejoindre le port, évitant ainsi le périlleux trajet boueux à travers la forêt emprunté hier...

    notre salle de bains à droite...

    préparation du petit-déjeuner 


    départ de notre petit paradis

Après un déjeuner rapide Dan sun petit resto en bord de plage, nous avons embarqué sur la même panga qu'avant-hier en prenant soin, par expérience et par précaution, de monter à l'arrière du bateau. Mais le voyage retour vers Big Corn Island n'a rien eu à voir avec le voyage aller. Les creux étaient nettement moins prononcés et notre esquif n'affrontait pas les vagues, mais était généralement porté par elles. Bref, pas de sensation forte, même s'il était toujours un peu impressionnant de nous retrouver souvent sous la crête des vagues qui nous environnaient !

Olivier a eu une conversation intéressante à bord avec son voisin, un Suisse allemand marié avec une Colombienne, propriétaire depuis 5 ans d'une petite maison sur Little Corn. Il cherche à s'en débarrasser, à l'instar d'autres étrangers propriétaires comme lui de biens immobiliers, car il n'est pas optimiste sur l'avenir de l'île en raison de l'absence de politique de préservation du site, de l'érosion continue des côtes et de la salinisation progressive de la nappe phréatique... Selon lui, le paradis risque fort de se transformer peu à peu en enfer !

La traversée n'a pas pris une demi-heure. À l'arrivée, nous nous sommes serrés dans un taxi qui nous a déposés au pied de notre nouvel hôtel situé dans la partie nord de l'île, Hospedaje (terme générique pour "hébergement") Los Escapados, tenu par un jeune couple d'Australiens. Rien à voir avec Big Fish dont la chambre aveugle et l'exiguïté de la salle de bain nous avaient déçus ! Nous occupons une grande tente (équipement importé d'Australie bien aménagée (presque luxueuse), installée sur une grande terrasse en teck un peu en hauteur au sein d'un beau jardin fleuri. Elle offre une brise rafraîchissante et une large vue sur la mer, avec à l'horizon Little Corn Island qui se détache nettement. Un coin de rêve situé dans un secteur plus pittoresque qui corrige un peu notre première impression plutôt négative sur Big Corn !




Tandis qu'Olivier s'adonnait une nouvelle au plaisir de la plongée subaquatique (je préfère décidément cette expression à celle de snorkeling) sur un massif coralien à une centaine de mètres de la petite plage en contrebas de l'hôtel, je me suis laissé prendre par mon roman costaricain et l'ai déjà achevé. Un thriller politique qui se passe effectivement au Costa Rica mais revient sur la période de la guerre civile au Nicaragua après la prise de pouvoir par les Sandinistes en 1979 !


    un container transformé en habitation et désormais promis à une lente désintégration sur place...


Ayant pris la précaution de prévenir deux heures à l'avance la maîtresse de maison, nous n'avons pas manqué d'aller sur le coup de 19h00 déguster chez Maris Danet's, à 500 mètres de notre hospedaje, son fameux rondon (déformation de rundown) un plat typique des Corn Islands, sorte de pot au feu de poissons, de langouste et de légumes locaux (banane plantain, cassave, taro...) cuits dans du lait de coco auquel on ajoute un filet de jus de citron vert et un peu de vinaigre pimenté. Excellent en effet, à ne pas manquer et l'hôtesse est très aimable et parfaitement anglophone. Ceci est une particularité des deux Corn Islands. Territoire sous souveraineté britannique jusqu'en 1894, on y parle surtout l'anglais (dans une forme créole). L'espagnol n'arrive ici qu'en troisième position après le miskito. Autre spécificité, la population d'origine est principalement noire (descendants d'esclaves). Mais le sentiment d'appartenir au Nicaragua est intact, si l'on en juge par la prolifération des petits drapeaux dans les taxis par exemple.

    le fameux "rondon"











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