Little Big Corn Island, également surnommée « la Islita », la petite île située à l'est de Big Corn Island, se mérite. La promesse du paradis ! Pas de route, pas de véhicule, une forêt luxuriante, une ambiance de bout du monde, des belles plages de sable, le domaine de prédilection des amateurs de plongée subaquatique, pas d'éclairage publique, pas de distributeur d'argent ! Toutes les petites îles des Caraïbes devaient ressembler à cette île avant que les hommes ne les envahissent. Mais il faut y arriver !
L'épicerie du port sortie tout droit d'un roman.
Bateau de pêche
Le sésame
Avant le départ... tout sourire...
Une liaison est assurée deux fois par jour : départ de Big Corn Island à 10h et à 16h30, retour de Little Corn Island à 6h30 et 14h. Ces horaires sont alignés sur ceux des avions en provenance ou en direction de Managua et Bluefields. Le panga ou lancha est une grande barque à ciel ouvert à bord de laquelle une trentaine de personnes avec leurs bagages peuvent prendre place. Sur les conseils de notre hôtelière, nous nous sommes présentés au port dès 9h pour être sûr d'obtenir le sésame contre quelques espèces sonnantes et trébuchantes (160 córdobas par personne et par voyage). Chacun a pris soin d'enfiler son gilet de sauvetage. Un bateau de Costa Riciens pour avoir enfreint l'interdiction de naviguer un jour de forte mer s'est retourné en janvier 2016. Bilan treize morts, beaucoup de passagers s'étant dispensés d'enfiler un gilet...
Le bateau s'est élancé à l'assaut des vagues peu avant 10 h 30. L'aventure commençait. La colonne vertébrale, du coccyx aux cervicales en passant par les lombaires, est soumise à très rude épreuve. Les passagers, surtout à l'avant où nous étions (ils sont en principe moins mouillés que ceux qui sont assis à l'arrière, décollent de leurs sièges en bois pour retomber lourdement. J'avais le sentiment que mon cerveau heurtait la boîte crânienne à chaque secousse. Et tout cela a duré une demi-heure, montre en main. Une demi-heure qui n'en finissait pas !
Nous avons fait à l'arrivée un bord à bord avec une petite barque qui nous a déposés beaucoup plus tranquillement devant notre hôtel sur la côte nord de l'île. L'Ensueños est tenu par un original, un Espagnol, qui s'est installé là, il y a vingt ans et a fait souche. Il vit au milieu des cocotiers et des bambous, avec sa famille, des chiens, des dindons, des poules et des lapins. Nous avons loué un des petits bungalows rustiques (c'est un euphémisme !), faits un peu de bric et de broc qui parsèment sa propriété. Il est équipé de l'électricité, mais sans prise pour recharger tous nos appareils. L'endroit est pittoresque à souhait et on doit y perdre rapidement la notion du temps.
Olivier a commencé à explorer les fonds marins, tandis que je goûtais au plaisir du hamac. L'épreuve du bateau n'a pas amélioré mon état général. Olivier a fait une rencontre avec un gros requin nourrice, espèce inoffensive pour l'homme (paraît-il)...
Le dîner est annoncé à 18h pétantes. Avec les délais inhérents à la vie locale, il faut compter 18h30 facilement. Un excellent poisson avec une sauce citronnée qui m'a redonné le goût de manger ! La lampe frontale pour se déplacer est indispensable. Ici, on se couche tôt, mais on est réveillé aussi très tôt.














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