samedi 28 janvier 2017

27 janvier 2017 (Boca de Sabalos / El Castillo / Boca de Sabalos)

Le petit caïman dont la présence nous avait été signalée au pied de notre cabañas (sur pilotis) hier soir par le propriétaire du lodge, semblait avoir déserté les lieux, lorsque nous avons émergé dès 6h15 pour être en mesure d'être prêts à embarquer sur une barque de l'hôtel à 7h, petit-déjeuner pris. Nous avons été déposés à Boca de Sabalos et avons ainsi pu attraper la liaison fluviale qui s'arrête à 7h15 tous les jours à destination d'El Castillo, un bourg situé à une demi-heure de bateau en aval, non loin de l'endroit où le río San Juan devient frontière entre le Nicaragua et le Costa Rica.






Le premier établissement humain qui se soit fixé à cet endroit date de 1673, à l'époque où fut entreprise la construction de la Fortaleza de la Limpia Pura e Inmaculada Concepción, un des éléments défensifs construits par les Espagnols pour lutter contre les pirates et contre les attaques menées à l'initiative des puissances européennes rivales. La forteresse fut achevée en 1675 et demeura un élément important de défense de la Capitainerie générale du Guatemala, jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.

Aujourd'hui, El Castillo est un village très pittoresque de 690 habitants intra-muros (6450 avec la population rurale éparpillée aux alentours), qui s'étire le long du río San Juan à un endroit où celui-ci enchaîne une série de rapides. Il s'anime à chaque arrivée de pangas, même si, à chaque fois, peu de monde en descend où y monte à cette époque de l'année. Dans ce village sans aucune voiture (on ne peut y accéder qu'en bateau) l'axe principal parallèle au río enchaîne petits hôtels, cafés, comedors, restaurants, petits commerces, pour la plupart déserts. La village propre et fleuri semble vivre dans une douce quiétude.

   La rue principale...




   Cannelle au séchage







   Le pape et le président, ici on est œcuménique...

   Au moins, c'est clair !

   Fruits...

   et fleurs du village.






   Ou comment faire une jardinière avec un peu d'astuce !

Après avoir exploré cet axe, nous sommes montés jusqu'à la forteresse. La visite commence par un passage obligé par un petit musée très intéressant. Nous avons eu droit aux explications d'une guide volubile et passionnée, complémentaires des panneaux exposés concernant la période précolombienne, les dispositifs de défense construits pour faire face aux pirates et aux menées des puissances européennes (le futur amiral Nelson s'y cassa les dents et faillit même y perdre la vie), l'histoire du trafic fluvial sur le río San Juan avant le canal de Panama, les différents projets de canal élaborés pour relier la côte Caraïbe au Pacifique à travers le lac du Nicaragua, les naufrages aussi dont fut témoin El Castillo. La forteresse elle-même, restaurée avec le soutien de la coopération espagnole, abrite la bibliothèque municipale et offre un très beau point de vue vers l'amont et l'aval du río.

   Art précolombien


   Témoignage de l'époque de la splendeur du río San Juan (les billets étaient en vente à San Francisco)

    Un des vapeurs de la compagnie Vanderbilt 


    Le même vapeur amarré sur les berges du lac Nicaragua



   Le río vu de la forteresse (côté aval)

   Le río vu de la forteresse (côté amont)

La chaleur nous a poussés à rechercher un coin agréable et frais pour boire un jus de fruit. Nous l'avons trouvé à la terrasse balayée par un petit vent sympathique, de l'hôtel-restaurant Lara's Planet, totalement désert. Olivier a bavardé longuement avec la propriétaire dont le parcours est pour le moins singulier : Iranienne d'origine, elle a fui le régime des mollahs, a étudié en Allemagne avant d'émigrer en Australie, dont elle a pris la nationalité. Peu intéressée par l'argent, mais aimant relever des défis, elle a atterri à El Castillo, mais ne se sent pas l'âme commerciale pour faire vivre l'établissement qu'elle a eu plaisir à créer. Ce n'est qu'en voyageant comme nous le faisons que l'on découvre ainsi des parcours originaux.

En la quittant et aussi sur ses conseils et ceux de notre guide de la forteresse, nous sommes allés visiter la petite chocolaterie du village. Elle est constituée en fait de deux coopératives. La première regroupe 46 petits producteurs de cacao qui assurent collectivement la fermentation, le pré-séchage et le séchage des fèves, trois phases dont la durée exacte dépend beaucoup des conditions climatiques. La torréfaction se fait à Matagalpa et toute la production est vendue à l'entreprise allemande Ritter Sport. La seconde coopérative réunit huit femmes qui fabriquent du chocolat artisanal essentiellement pour la consommation locale. Nous avons eu droit à une démonstration, suivie d'une... dégustation, notamment d'un délicieux chocolat chaud à l'anis !

   Préséchage (il faut remuer les fèves toutes les 45 minutes)

    Voici l'apparence d'une fêve bien fermentée





Nous avons ainsi commencé le déjeuner par un dessert. Nous avons regagné le bord de l'eau pour prendre le plat principal dans un restaurant local bien côté dans nos guides, le Chinandegano.

Nous avons repris un panga à 14h, dont le pilote a bien voulu nous déposer au Sabalos Lodge, nous évitant d'avoir à revenir à pied du village par une piste. La fin d'aprés-midi a été, on ne peut plus calme : mise à jour du blog, farniente, bain dans le Rio, lecture, bière locale au coucher du soleil...




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