Nous avons repris la route de León. Il nous est souvent arrivé de doubler ou croiser des charrettes remplies de bois de chauffage et tirées par un cheval. Le cheval est ici encore un moyen de transport très usité.
Quelques kilomètres avant d'atteindre la première capitale du Nicaragua, nous nous sommes installés rapidement à l'hôtel Mariposa tenu par un couple de Français. Nous occupons un petit bungalow au toit de chaume, meublé avec goût et équipé d'un ventilateur central. La salle de bain a la particularité d'être à ciel ouvert.
Nous avons rejoint le centre ville où on peut stationner sans problème dans une des rues proches de la place centrale, où trône une "Géante" dans sa tenue espagnole, pendant toute la période des fêtes et un peu au-delà. Toutes les rues en damier sont bordées de maisons basses de style colonial. Pas de parcmètres, ni de zones bleues, ni de policiers municipaux pour dresser des PV pour infraction au stationnement ! La ville est colorée, les Nicaraguayens aiment les couleurs vives...
Arrivés sur la place centrale avant la fermeture méridienne de la basílica catedral de la Asunción, nous avons eu le temps d'en visiter l'intérieur. Le visiteur prend en découvrant la nef toute la mesure de l'ampleur de l'édifice. Les murs sont ornés de grands tableaux sur la Passion du Christ. L'édifice conserve un Christ en bois, sauvé de la destruction de León Viejo. Il abrite aussi la tombe du célèbre poète nicaraguayen Rubén Darío (1867-1916), fondateur du mouvement littéraire moderniste dans la langue hispano-américaine.
Nous avons sillonné ensuite les allées étroites du vaste marché couvert qui s'étend derrière la basilique. Les marchés sont souvent le reflet du quotidien des habitants, ce qu'ils mangent bien sûr, mais aussi comment ils se comportent, comment ils s'habillent. À côté des étals de fruits et légumes, de viande et de poissons, on trouve nombre de petits commerces de chaussures (les sandales prolifèrent), de vêtements (majoritairement de femmes), de quincaillerie et d'objets en plastique et une enfilade de petits restos où les gens s'arrêtent, le temps de manger un plat cuit dans une grande marmite. Nous avons pu vérifier que certaines boissons à consommer sur place ou en marchant, étaient vendues dans des sacs en plastique d'où sort une paille. Près des issues, somnolent les conducteurs de vélos-taxis dans l'attente de clients. Des camionnettes, version locale des sotramas maliens, embarquent et débarquent des passagers transportés dans des conditions de confort relatives...
Comme beaucoup de Nicaraguayens, nous avons opté pour une formule de déjeuner rapide dans une sorte de petit-self de quartier, le Comedor Lucia, une cantine populaire, avant de reprendre notre exploration de la ville. Le temps s'y prêtait. Un beau ciel bleu avec quelques passages nuageux et surtout une température clémente à la faveur d'un vent s'engouffrant dans le damier des rues qui ne sont pas très larges et donc souvent en sens unique.
La plupart des églises que nous voulions voir avaient des horaires très variables d'ouverture l'après-midi de sorte qu'il nous faudra revenir demain pour voir l'intérieur.
L'iglesia El Calvario date de 1810. Elle se dresse au bout de la rue Rubén Darío, à l’est du marché central. Sa situation avantageuse attire le regard. La façade de style baroque présente deux tours symétriques de couleur rouge encadrant un ensemble jaune à colonnes, décoré de fresques.
Un peu plus loin, nos pas nous ont conduits vers l'iglesia San Juan et à l'ancienne gare qui abrite quelques petits asados (sorte de petits restaurants où chacun peut manger rapidement un plat composé et cuisiné sur place dans de grandes bassines) et donne sur un autre marché tout aussi animé que celui de la basilique.
L'iglesia de la Recolección passe pour être l’une des plus belles de la ville. Elle a été achevée en 1786 dans un style baroque mexicain. Elle dresse fièrement sa façade faite de quatre niveaux de colonnes torsadées et d'une tour carrée aux angles arrondis. L'ensemble est peint dans un ton jaune du plus bel effet sur un fond de ciel bleu.
L'iglesia La Merced s'élève dans une rue située au nord de la place centrale. Construite en 1762. Détruite, elle a été rebâtie quelques années plus tard. Elle mêle les styles néoclassique, baroque et colonial. Elle présenterait, à l’intérieur, l’un des meilleurs exemples d’ornementation religieuse du XVIIIe siècle à León. L’église abrite l’image de la Vierge de La Merced apportée de Barcelone et qui constitue aujourd’hui le symbole de la ville. Tous les 24 septembre, cette image est promenée dans les rues de la ville lors des processions en son honneur. La tradition rapporte qu’au début du XIXème siècle, un esclave noir sauva l’icône des flammes au péril de sa vie, à la suite de quoi, on lui aurait accordé sa liberté.
De retour sur la place centrale, nous avons réussi à faire l'ascension dans le campanile de la basilique. Il faut d'abord franchir une petite porte extérieure de la basilique, située côté marché, parcourir un couloir souterrain, se présenter avec une pièce d'identité devant une grille derriere laquelle se tient une bénévole qui encaisse l'équivalent de 3$ et délivre un ticket, ressortir, se rendre à l'opposé où une autre entrée donne accès à un escalier raide et étroit qui mène à un premier palier où il faut se déchausser afin d'avoir accès au toit blanc de la basilique. Le visiteur se trouve alors au niveau des atlantes et des cloches et découvre une vue panoramique sur tous les toits de la ville d'où émergent les tours des autres églises avec au loin la chaîne des volcans.
Après cette ascension, nous avons encore déambulé en ville pour revoir les fresques politiques peintes sur certains murs évoquent la répression somoziste lors de la révolution sandiniste et quelques héros de cette révolution.
La place centrale est un lieu aussi animé en soirée que dans la journée. Les autochtones y prennent le frais, les jeunes s'y réunissent, les terrasses sont animées.



































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