Nous nous sommes encore levés de bon matin (5h15 !), précédant de peu les premiers rayons du soleil.
Après un premier petit-déjeuner frugal, nous sommes montés à bord d'un barque avec un pilote, un guide et un autre client de l'hôtel, un Suédois arrivé en même temps que nous. Pendant deux bonnes heures, en profitant de la lumière encore rasante du soleil, nous avons remonté le río en longeant la rive gauche.
L'œil aiguisé de notre guide nous a fait découvrir des singes, de curieux petits poissons sauteurs et toutes sortes d'oiseaux, des petits colibris aux grandes aigrettes blanches, en passant par des vautours. Sur la rive opposée, nous avons dépassé quelques "fermes" isolées, souvent des constructions en bois sur pilotis. Arrivés à hauteur du Boca Negra (un petit affluent du Río san juan), nous nous sommes enfoncés avec notre barque dans une végétation luxuriante. Au-dessus de nos têtes, une véritable colonie de singes hurleurs n'a pas manqué de se sentir agressée par l'arrivée inopinée d'immigrants potentiels et d'occupants illégaux et a entrepris de marquer son territoire en aboyant haut et fort. Un peu plus loin nous avons pu observer des singes capucins à tête blanche ainsi qu'un paresseux...
Le Boca Negra que nous avons exploré
Nous avons un peu plus tard chaussé des bottes prêtées par l'hôtel et mis pied à terre pour un tour d'une heure dans cette jungle inextricable, sous la conduite de notre guide équipé fort opportunément d'une machette pour éclaircir en tant que de besoin le sentier envahi de branches et de lianes et souvent boueux. Il nous a mis en garde contre certaines plantes, voire certaines écorces hérissées de piquants, mais en même temps fait goûter des feuilles aux vertus médicinales et même un bout d'écorce sensé contenir une substance pour lutter contre la malaria et qui avait vraiment le goût amer de la nivaquine ! Nous n'avons pas vu de serpents, paraît-il nombreux dans le coin (mais ça ne m'a pas trop privé !), ni la fameuse grenouille rouge, d'où les Indiens tiraient le poison avec lequel ils enduisaient des fléchettes pour combattre les intrus espagnols ou autres (là, nous aurions quand même bien voulu pouvoir illustrer le blog avec une photo et satisfaire la curiosité de nos fidèles lecteurs).
Sur le chemin du retour, notre guide nous a encore montré un reste de l'épave d'un des bateaux de Vanderbilt, échoué là. Elle achève de rouiller depuis plus de cent cinquante ans. Nous avons retrouvé le lodge vers 10h30 et eu la surprise de nous voir offrir un vrai petit-déjeuner (café, œufs brouillés, riz-haricots rouges, morceaux de fruits, jus de fruit maison).
Nous avons beaucoup discuté avec nos hôtes et un touriste de... Munich. En fait Rafael et son père avait au départ une exploitation de... reptiles (destinés à l'exportation), très nombreux sur le site. Ils ont fini par changer leurs fusils d'épaule et construire cet ensemble hôtelier. Compte tenu de la voracité des termites, les cabañas doivent être renouvelées à peu près tous les cinq ans.
Nous avons renoncé à aller déjeuner "en ville", lorsque nous avons découvert notre nouvelle cabañas, notre dernier gîte au Nicaragua, libérée ce matin et qui ouvre directement sur le río. Le rêve ! Nous en avons pleinement profité une bonne partie de l'après-midi.
C'est seulement vers 16 heures que nous avons entrepris de faire un aller-retour au village en passant par la campagne pour voir à quoi il ressemblait en dehors de la place de l'embarcadère. Il a un petit côté far-west très sympathique. On y trouve les principaux services : une annexe de la mairie d'El Castillo, une école, un centre de santé, des avocats-notaires et des dentistes installés dans des maisonnettes en bois, des cafés-comédors, une station-service moderne et surtout plusieurs points de vente de téléphones portables ! Notre passage a coïncidé avec l'escale d'un panga. On a vu la place s'animer subitement, puis replonger aussitôt dans une certaine léthargie. Le "commandante" a remis scrupuleusement au militaire de permanence la liste de ses passagers, le bus a chargé ses passagers. D'autres se sont entassés dans une camionnette. Tout cela sur fond de musique sud-américaine qui sortait du bar le plus proche...
Petit traversier
Nous sommes rentrés juste à temps pour voir le soleil disparaître derrière le rideau d'arbres de l'autre côté du río, alors que les aigrettes qui élisent domicile en face du lodge dans la journée commençaient à migrer vers leurs nids pour la nuit. Elles reviendront aux premières lueurs du jour demain. C'est l'heure aussi où les derniers bateaux se hâtaient avant la nuit noire...





































Une certaine similitude dans l'attitude des bras entre le paresseux 1 et 2. J'entends d'ici paresseux 2 protester et paresseux 3 rire en douce très satisfait de son humour.
RépondreSupprimerQuant à Johnny Weissmüller, il ferait mieux d'enlever ses bottes pour l'agilité et la vraisemblance !
RépondreSupprimerFlore et faune : waouh !!!!!!! Toutes espèces confondues ;-)
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